Par Marcelo Wesfreid

Hier, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, était l'invité de Patrick Cohen. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne l'a pas vraiment défendu. Jean-Christophe Cambadélis s'est même payé le luxe de parler de sa succession. Il estime que Manuel Valls serait le meilleur espoir, celui qui a « le plus de possibilités », si le Président ne se représente pas.

Cette sortie, elle a dû rendre Hollande furax ! Cela envoie, en effet, un message terrible dans le parti. Les bataillons de premiers fédéraux, de responsables de section, ou en tout cas ce qu'il en reste, ont compris que le Président risque de ne pas se représenter. Bref, c'est un lâchage.

On a déjeuné avec Cambadélis il y a quelques jours. Je l'ai trouvé particulièrement calme. Il n'y a pas grand chose qui l'inquiète.

Le fameux livre de confidences? « Oh, ça va, ce n'est pas l'affaire Bousquet pour Mitterrand !» Voilà ce qu'il en dit...

Sur les manifestations de policiers, c'est encore mieux. Cambadélis se vante, tranquillement, d'avoir fait diversion à la télé, en dénonçant le fait que le FN était derrière ces manifs. « Tant qu'on parle de ça, dit Cambadélis, on parle pas du reste ». Comprenez : les problèmes du Président...

Cambadélis est le roi de la tactique, des manœuvres. C'est un ancien trotskyste. Formé à l'école lambertiste. Le plan qu'il mijote actuellement, c'est donc de prendre ses distances avec Hollande, de relancer Valls et parallèlement, cela se voit moins, mais il est en train d'enterrer la hache de guerre avec Macron.

Il y a un mois et demi, Cambadélis, c'est l'homme qui envoyait des SMS pour menacer d'exclusion les socialistes qui allaient chez Macron. Aujourd'hui il a arrêté, il joue l'apaisement. On ne sait jamais.

En fait, l'objectif de Cambadélis, ce n'est pas la victoire à la présidentielle, il n'y croit pas. Mais c'est que tout ce beau monde finisse par se rassembler, que le PS limite la casse et que lui garde son poste.

Pour cela, il a besoin que la primaire ne soit pas gagnée par l'aile gauche, par Arnaud Montebourg. Alors, il fait des meetings tous les week-end. Le dernier, c'était à Tours, où il paradait justement avec un certain Manuel Valls. Il ne faut jamais injurier l'avenir.

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