L’ancien premier ministre est en tournée médiatique pour faire la promo de son livre sur Matignon.

Bernard Cazeneuve
Bernard Cazeneuve © Getty

Par Marcelo Wesfreid

Quand il a préparait ses cartons pour quitter Matignon, en avril. On l’avait interviewé, avec un collègue du Figaro, et il racontait qu’il voulait faire un livre littéraire. S’éloigner de la politique. Changer d’air, d’univers. C’était la fin de la Hollandie ; il allait redevenir avocat. 

Du coup, ça été la surprise de voir Cazeneuve faire, ces derniers jours, la promo d’un livre, qui est un carnet de souvenirs de Matignon. Et il en sortira bientôt un autre sur son expérience à Beauvau. 

Quand on lit Chaque jour compte, c’est le titre du livre, on découvre un récit d’un premier ministre qui a le sens de l’Etat, qui ne ménage pas son temps, qui est obsédé par la sécurité des français, qui est adoré de ses collaborateurs.

En clair, il vante son bilan. une vraie opération de réhabilitation, d’auto-glorification. Pas injustifiée d’ailleurs, car Cazeneuve est l’un des rares à avoir surnagé au naufrage, à avoir traversé le quinquennat sans le moindre couac. Il n’a jamais joué sa carte perso comme un Montebourg ou une Ségolène Royal.

Il dénote d’ailleurs : il a un look de dandy, il parle avec des phrases ciselées. S’il arrive à revenir au premier plan, ce serait la revanche de la politique à l’ancienne. 

Celle d’une époque où on faisait ses classes en commençant par être maire, puis secrétaire d’état, ensuite ministre et premier ministre. 

Et il a peut-être une chance de rejouer un rôle de premier plan, car l’espace entre Mélenchon et Macron n’est toujours pas occupé, surtout avec gouvernement de plus en plus libéral économiquement. Et personne ne s’impose au PS, où les troisièmes couteaux sont en train de manœuvrer pour le congrès.

On sent que la politique lui manque, même s’il ne l’avoue pas. 

Les animaux politiques, en France, ne savent pas s’arrêter

C’est un peu une constante. Et sa voix, à Cazeneuve, peut porter. Il incarne un créneau social-démocrate. Il est respecté. Il a géré les attentats. Par ailleurs, ce n’est pas un mystère : Cazeneuve n’aime pas trop ce qu’incarne Macron, qu’il trouve égocentrique, déloyal, perso. 

Au fond, il n’a qu’un rival de son calibre : Hollande, lui-même. Qui occupe le même créneau. Et lui, aussi, il rédige son livre de mémoire...

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.