Sarkozy est revenu, mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas la fête au PS...

C’est vrai qu’on imagine les socialistes heureux… « Sarkozy est notre meilleur chance : personne comme lui ne divise autant la droite et ne rassemble autant la gauche » résume le ministre des Finances Michel Sapin. Pour la division de la droite, ce n’est pas faux. Mais pour le rassemblement de la gauche… Ce n’est pas vrai. Ceux au PS qui rêvaient que le retour de Sarkozy leur laisse ENFIN du répit, ne seront pas exaucés.

D’abord, le débat sur le budget va encore mobiliser les frondeurs du PS contre le pouvoir. Ensuite Arnaud Montebourg, viré du gouvernement il y a un mois, va faire son grand retour début octobre. Il est tellement imprévisible que beaucoup craignent encore un coup d’éclat. Et ce n’est pas tout !

Après le livre de Cécile Duflot, celui de Valérie Trierweiler, c’est le livre de Delphine Batho qui va sortir mi octobre. Elle avait été virée du ministère de l’Ecologie en 2013, et elle n’est pas contente.

Entre-temps, Aquilino Morelle, l’ex conseiller du président, viré lui pour des soupçons de conflit d’intérêt, déverse sa colère dans les médias. Après avoir dit qu’il avait été victime « d’épuration ethnique » dans Le Point , il traite François Hollande « d’enfoiré » dans Le Nouvel Obs .

Là, nous sommes dans les hautes sphères de l’irrationnel, mais il n’empêche : les socialistes ont l’air bien décidé à ce qu’on ne les oublie pas. Alors la vraie bonne nouvelle finalement pour François Hollande, c’est qu’avec le retour de Sarkozy, il a enfin un adversaire qui n’est pas de propre camp. Bon, le problème, c’est qu’on ne voit pas bien avec quelles armes il peut se battre.

Puis j’ai relu « Changer de destin », le livre de François Hollande qui date de mars 2012, juste avant son élection. Voilà ce qu’il écrivait :

« Je n’accable pas le président sortant, il n’est pas responsable de tout, ni du passé, ni des contraintes extérieures. Mais il doit acquitter la note des promesses qu’il a faites et dont il savait qu’elles ne seraient pas tenues. »

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Franchement, si François Hollande continue comme ça, Nicolas Sarkozy pourra lui dire exactement la même chose dans le cadre de leur prochain duel. Parti comme il est, il risque de ne pas avoir un bilan beaucoup plus reluisant que Sarkozy. Même si il y a un mieux à la fin du quinquennat comme Hollande dit « l’espérer », même si la croissance repart un peu, même si le chômage baisse légèrement, il y a fort à parier que ni l’un ni l’autre n’aient de quoi se vanter. Le match retour risque d’avoir un goût amer.

Et les affaires qui entourent Nicolas Sarkozy ? Ça ne pourrait pas faire les affaires de la majorité justement ?

C’est sûr que ça doit être tentant pour les socialistes de parler tous les matins dans les médias de Karachi, de Bymgalion, de Bettencourt, de Tapie, des sondages de l’Elysée, bref de toutes ces affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy a été embêté.

Mais Jean-Chrisotphe Cambadélis, le patron du PS, déconseille de jouer avec ça.

Voilà pourquoi : « Si la gauche est affaiblit par la gestion et la droite prisonnière d’un Sarkozy dans les affaires je peux vous donner le résultat à la fin. »

C’est une certaine Marine Le Pen qui doit se frotter les mains.

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