Le président de la République sera, demain, à Rodez pour débattre des retraites. Edouard Philippe, lui, fait la tournée des élus. A chacun sa croix ?

Emmanuel Macron, président de la République et Edouard Philippe, Premier ministre
Emmanuel Macron, président de la République et Edouard Philippe, Premier ministre © AFP / LUDOVIC MARIN

Un partage opérationnel et politique

Emmanuel Macron, après son tour de France dans le cadre du grand débat, a décidé de revenir sur le terrain. Et c’est à Rodez qu’il va lancer ce nouveau grand débat cette fois-ci sur la réforme des retraites. Les yeux dans les yeux avec les Français. 

Edouard Philippe, lui, répond aux questions du gouvernement à l’Assemblée nationale et au Sénat. 

C’est lui qui, hier, par exemple, a donné raison aux élus La République En Marche montés au front contre la fin des avantages sur les emplois à domicile des retraités. 

C’est lui qui anime les groupes de travail des élus de la majorité sur l’immigration en vue du débat qui aura lieu à la fin du mois au Palais Bourbon. 

C’est lui enfin qui approche les élus locaux en vue des municipales…

Ce partage des rôles correspond bien aux principes de la Ve République

Au chef de l’Etat, élu au suffrage universel, de dialoguer en direct avec les Français. Au Premier ministre de prendre en charge la démocratie représentative. 

Mais, cette fois-ci, cette configuration se fait à front renversé. D’habitude, c’est le président de la République qui joue la sympathie et la compassion avec les citoyens et le Premier ministre qui annonce les réformes souvent impopulaires et qui gère avec rigueur les deniers publics. 

Or, aujourd’hui, le good cop, c’est Edouard Philippe. Les députés le disent, les élus locaux, les maires le confirment, Edouard Philippe fait de la calinothérapie, il apaise, il encourage, il soulage. 

Alors que Emmanuel Macron, c’est le bad cop : il tance, il engueule, il menace. Aussi bien les parlementaires de la majorité à qui il intimait l’ordre la semaine dernière d’arrêter de produire des textes et d’agir ! Et les Français, ces Gaulois réfractaires au changement à qui il assure qu’il suffit de traverser la rue pour avoir un boulot. 

Est-ce risqué pour le chef de l’Etat ?

Bien sûr ! Surtout depuis la crise des Gilets jaunes. Et les populations dites modestes qui se sentent souvent humiliées par ce président des Premiers de cordée ne sont pas prêtes à le lui pardonner. Une telle attitude serait même plus déterminante politiquement que la fin de l’ISF. L’Acte 2 du quinquennat doit passer par plus de concertation. C’est bien. Mais pas sur n’importe quel ton, Monsieur le Président !…  

L’Elysée et Matignon, deux salles, deux ambiances…

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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