Ce soir, François Rebsamen, le ministre du Travail démissionnaire, commentera pour la dernière fois les chiffres du chômage avant de repartir pour Dijon. Les grandes manœuvres se sont-elles accélérées à l’Elysée ?

Et cela met en émoi toute la République : ministres, conseillers, députés, journalistes. Ca phosphore, ça chauffe, ça s’excite, ça bruisse, ça part dans tous les sens, rumeurs, contre rumeurs, intox… Il arrive même qu’on s’intoxique les uns, les autres. Hier, un ministre déjeunait avec des journalistes. Entre la poire et le fromage, il leur a demandé : « Au fait, vous avez des infos, vous ? »

Bref. Pour tout ce petit monde politique, un remaniement, c’est un chemin de croix. Ou un supplice chinois.

Un vrai supplice chinois... et bien pire encore ! Les remaniements, ça ouvre la voie à toutes les petites mesquineries. Tous les coups sont permis. Prenez Alain Vidalies, par exemple, l’actuel ministre des Transports. Il tenait la corde pour remplacer Rebsamen, on le sait. Mais ça, c’était avant. Avant son énorme gaffe (il a quand même dit qu’il préférait les discriminations à l’inaction, pour les contrôles de police ; c’est quand même difficile de faire pire !)

Vous ne pouvez pas savoir le nombre de ministres, anciens ministres ou députés qui se engouffrés dans la brèche (en off, bien sûr). Je vous cite un ancien ministre qui aimerait tellement revenir au gouvernement. L’air faussement navré : «Ah quand même... c’est embêtant ce qu’il a dit, Vidalies, hein ? Ah le pauvre vieux, et dire qu’il avait déjà fait ses cartons… »

Vous voyez l’ambiance !

Pour François Hollande, quels sont les enjeux de ce remaniement ?

françois hollande consulte en vue du remaniement
françois hollande consulte en vue du remaniement © reuters

Il doit trouver un guerrier. Un guerrier qui se lance à corps perdu dans la bataille contre le chômage. Hollande a une grosse, grosse pression. Comme vous le savez, il a lié sa candidature en 2017 à l’inversion de la courbe. Il n’a pas droit à l’erreur.

Alors, à l’Elysée et Matignon, on a dressé le portrait-robot de ce soldat :

1/bon technicien

2/loyauté sans faille au Président

3/puissance de frappe politique et médiatique.

Bref, il faut trouver l’homme idéal.

Un chemin de croix pour le Président, aussi. D’abord parce que Hollande déteste agir sous la contrainte. Ensuite parce que ce ministère du Travail, c’est un peu devenue la « patate chaude » de la République. Rebsamen lui-même n’en pouvait plus ! Il est tellement soulagé de le quitter, si vous saviez...

Et parmi ceux dont le nom est cité pour le remplacer, eh bien, certains n’en veulent carrément pas. Je vous livre cette confidence d’une des personnes pressenties, dont le nom a circulé : «C’est le ministère des mauvaises nouvelles. Je n’en veux pas !»

Hollande doit trancher la semaine prochaine. Espérons qu’il fasse un heureux. C’est pas gagné.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.