On l’apprend ce matin dans le Parisien, Benjamin Griveaux reçoit le soutien de son ancien concurrent Mounir Mahjoubi. La route du candidat La République en marche à la mairie de Paris est-elle en train de se dégager ?

Mounir Mahjoubi et Benjamin Griveaux à l'Assemblée nationale
Mounir Mahjoubi et Benjamin Griveaux à l'Assemblée nationale © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Au contraire, c’est le signe que le paysage s’obscurcit davantage pour lui !

Sur le papier, ce ralliement semble une bonne affaire pour l’ancien porte-parole du gouvernement, accusé d’être bien peu rassembleur, surtout depuis qu’une de ses conversations privées a fuité. 

Il y traitait souvenez-vous, ses anciens concurrents « d’abrutis ». 

Une chance pour Benjamin Griveaux, Mounir Mahjoubi, lui-même ex-candidat à l’investiture, a visiblement passé l’éponge. 

Il n’y a que les abrutis qui ne changent pas d’avis…

Quel est donc le problème pour Benjamin Griveaux ?

Si Mounir Mahjoubi s’engage « pleinement » derrière Benjamin Griveaux, après, je vous le rappelle, avoir soutenu Cédric Villani, c’est parce lui, macroniste de la première heure, ne peut se résoudre à s’affranchir des règles de son parti. 

S’il insiste lourdement sur ce point, c’est parce qu’un autre ancien prétendant s’apprête à jeter les conclusions de la commission d’investiture de la République en marche à la Seine.  

Recevant Paris Match sur son lieu de villégiature, Cédric Villani a reconnu que d’ordinaire, un mathématicien respecte les règles. 

A condition qu’elles n’entravent pas sa liberté. 

Au cours de ce même entretien, il évoque l’air de rien son grand-père Mario, fils naturel d’un grand ponte de la mafia italienne. 

On l’a compris : Cédric Villani prépare les esprits à une candidature dissidente et avec elle à une bataille de Paris sanglante. 

Emmanuel Macron peut-il accepter de voir son poulain Griveaux ainsi menacé ?  

Le président, vous l’imaginez bien, a besoin de cette victoire à Paris en mars prochain. 

Et il a compris que la candidature de Benjamin Griveaux ne prend pas. 

Beaucoup de marcheurs continuent à regarder Villani avec des yeux de Chimène. Mais Emmanuel Macron a pour l’instant fait de choix de continuer avec l’ancien porte-parole du gouvernement. En annonçant qu’il n’y aurait pas de grand remaniement, il a d’ailleurs effacé la piste Edouard Philippe à Paris. 

Preuve tout de même de son inquiétude, les téléphones élyséens ont chauffé tout l’été. Le chef de l’Etat s’est entretenu avec Cédric Villani. Ses conseillers ont échangé avec le directeur de campagne du député de l’Essonne. 

En vain... du moins jusqu’ici. 

Cédric Villani poursuit sa marche : il déjeune ce lundi avec Pierre-Yves Bournazel, un autre candidat à la mairie de Paris. Et organise, samedi, un séminaire avec ses troupes. 

Ce sera donc sans Mounir Mahjoubi. Mais dans une réelle atmosphère de défiance à l’égard du président de la République. 

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