Une élection très importante va se tenir dans un mois et pourtant, personne n’en parle…

A voté !
A voté ! © Getty / krisanapong detraphiphat

C’est une erreur ! Il s’agit d’un scrutin fondamental. Le Sénat. On l’a vu avec la commission Benalla ou sur la Covid. C’est le vrai lieu du contre-pouvoir. Alors que l’assemblée… C’est une chambre d’enregistrement. Car les députés sont élus dans la foulée de la présidentielle.

Le 27 septembre, on vote pour renouveler la moitié des postes de sénateurs. Quand je dis "on", c’est en fait inexact. C’est ni vous, ni moi mais ce qu’on appelle les "grands électeurs". C’est-à-dire des maires ou des conseillers municipaux qui votent.

Les candidats doivent faire la cour à ces  élus. Alors, ils défilent dans les villages. Ils  offrent le café au maire. On discute du rond-point, de l’Ephad, des ordures ménagères…

C’est la campagne la moins chère mais aussi la plus surannée. Pas de meeting, pas de tracts, pas de débats. C’est un huis-clos entre notables. 

Nous pouvons déjà faire des pronostics pour le 27 septembre

En regardant la couleur politique des grands électeurs. Et pour cela, il suffit de relire les résultats des municipales. Les Verts, ils ont gagné des grandes villes. Cela se traduira sans doute par la création d’un groupe écolo au Sénat.

Les Républicains, quant à eux, ils vont consolider leur domination. Ce qui fera les affaires de Bruno Retailleau, leur chef de file. Et candidat pour 2022 dans le cadre d’une primaire de la droite. 

A l’inverse, les Marcheurs vont souffrir le martyre. Ils vont payer leur fiasco des municipales. 

Malgré le contexte, le ministre Sébastien Lecornu se présente dans le département de l’Eure. Son ambition est de détrôner, un jour, l’inoxydable président du Sénat… Gérard Larcher. Mission compliquée.

Et ce n’est pas le seul scrutin… nous allons beaucoup voter dans les prochains mois !

Il y aura les départementales et les régionales en mars 2021. Emmanuel Macron les aurait bien reportées, ces élections, d’un an. Mais il y a renoncé. De peur qu’on l’accuse de vouloir bidouiller les règles démocratiques.

Voilà, en tout cas, des scrutins qui eux vont faire parler. Ils seront une sorte de répétition générale de la présidentielle. Avec des têtes d’affiche. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse…

C’est certes une bonne chose pour la démocratie. Mais sans doute moins pour notre économie. Car les régions et les départements sont les moteurs de la commande publique. Or, tous les investissements vont être mis en sommeil à partir de la fin de l’année, pendant la campagne.  Au moment où la France joue son avenir sur plan de relance, on aurait pu s’en passer. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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