Par Nathalie Schuck

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais ces dernières semaines, plusieurs candidats ont discrètement changé de style. Regardez Nathalie Kosciusko-Morizet, elle est méconnaissable. Prenez les photos avant-après, c'est la métamorphose. Adieu sa longue cascade de cheveux à la Botticelli, au placard les cuissardes et les stilettos de 12 cm de haut. Depuis qu'elle est candidate, la « modeuse » NKM porte des tailleurs-pantalons sobres et passe-partout. Elle s'en explique : elle ne veut pas que ses propositions soient éclipsées par sa garde-robe. Et elle n'est pas la première à tenter de se « mémériser », comme disent les mauvaises langues. Ségolène Royal l'avait fait aussi pendant sa campagne de 2007, en adoptant le style jupe-tailleur classique. L'objectif, vous l'avez compris, c'est de se crédibiliser pour plaire au plus grand nombre. Car en politique, l'habit fait le moine.

Et les hommes s'y mettent aussi. Prenez le jeune Geoffroy Didier. Depuis peu, il porte des lunettes. Pourquoi ? Parce que ça le vieillit et que ça fait plus sérieux. Emmanuel Macron, lui, il tombe la cravate quand il parle de son mouvement En Marche ! , et la remet quand il est ministre. Bruno Le Maire aussi est une « fashion victim ». Pour lui, le vêtement est un outil de communication. Pour son premier meeting, par exemple, il avait tombé la veste, la cravate et retroussé sa chemise. Vous saisissez le message ? Un homme qui se retrousse les manches, c'est forcément bon pour la France ! Et je n'invente rien, c'est lui qui le dit dans un livre excellent que je vous conseille, « Le vestiaire des politiques » de Gaëtane Morin et Elizabeth Pineau. Après, Le Maire a quand même un gros problème : en off, il raconte sans rire qu'il a « les yeux trop bleus pour la télévision »...

Le style vestimentaire est une façon pour nos élus de montrer qu'ils ont endossé les habits du pouvoir. Nicolas Sarkozy l'a compris depuis longtemps. Comme il dit : « Quand on va à la télé, c'est comme si on rentrait chez les gens, donc on met une cravate ». François Hollande, lui, a mis du temps à le comprendre, à son détriment. Il lui a fallu des mois pour intégrer que sa cravate de travers ruinait sa crédibilité. Allez petite info pour finir, d'après certains de ses proches, le président aurait entamé un régime. Après ça, plus la peine de demander : on a compris, il sera candidat !

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