C’est un détail auquel on s’intéresse peu et c’est dommage. Quand on choisit un hymne pour ses meetings, c’est pour galvaniser les foules, mettre l’électeur en transe.

Mais parfois, c'est raté ! Prenez Manuel Valls, il a choisi un tube un peu kitsch, un peu ringard, « The Final Countdown » du groupe de hard-rock suédois Europe qui avait cartonné en... 1986, à l’époque des bons vieux walkmans. Jacques Chirac, d’ailleurs, l’avait utilisé pour la présidentielle de 1988, ça ne nous rajeunit pas. Depuis, il est souvent utilisé pour des matchs de catch ou de boxe.

Et qu’est-ce que ça nous dit de Manuel Valls ? Que c’est quelqu'un qui aime renvoyer une image de force, de puissance. On le sait, il pratique la boxe et il raffole des films d’action. Il m’avait confié un jour : « J’adore Chuck Norris ! » Et on aura compris, bien sûr, le jeu de mots avec le titre « Le décompte final », vu qu’on est à 27 jours du premier tour de la primaire de la gauche.

D’autres candidats préfèrent jouer la modernité... C'est le cas d'Emmanuel Macron, qui a sélectionné un morceau électro-pop du groupe norvégien Lemaitre. Ça s’appelle « Closer », c’est entraînant, rythmé, groovy... L’idée, c’est d’incarner la fraîcheur, le renouveau. Précision, en France, il faut demander l’autorisation de l’auteur pour utiliser sa musique et payer des droits. En 2002, Jacques Chirac s’était fait rabrouer par les Daft Punk pour avoir utilisé sans leur accord leur tube « One More Time » -« encore une fois » en français- pour célébrer sa réélection.

D’autres candidats, justement, préfèrent se faire composer une musique pour éviter les problèmes... C’était le cas de Nicolas Sarkozy en 2012. Mais voilà, ce morceau très hollywoodien digne de Star Wars était censé coûter zéro euro. Or, le magazine Envoyé spécial a révélé cet automne que c’était en fait... 86.000€ ! Marine Le Pen, elle, fait un tabac auprès de ses sympathisants avec son hymne, « L’Odyssée », le même qu'en 2012. On peut d’ailleurs le télécharger sur le site du FN : 1,13 minute de tambours et cuivres ronflants...

Mais ça ne vaut pas la musique cultissime de son père Jean-Marie Le Pen en 2007. Un zouk endiablé...

Une chronique de Nathalie Schuck, du Parisien - Aujourd'hui en France

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