Le procès du couple Fillon s’ouvre aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Un procès pour détournement de fonds publics et dont la droite se serait bien passé.

François Fillon au Tribunal de Grande Instance de Paris, le 24 février 2020
François Fillon au Tribunal de Grande Instance de Paris, le 24 février 2020 © AFP / Samuel Boivin / NurPhoto

C’est peu dire que Les Républicains auraient préféré ne plus entendre parler de celui qui, en 2017, était leur candidat à la présidentielle. "Cachez ce Fillon que l’on ne saurait voir", disent à demi-mot les élus du parti gaulliste. 

Des anciens amis, des anciens soutiens de l’ex-Premier ministre de qui tous, sauf une poignée d’entre eux dont le sénateur Bruno Retailleau, se sont écartés et dont ils ne veulent même plus prononcer le nom. 

Pour Les Républicains, ce procès, c’est comme un cauchemar qui fait remonter à la surface un refoulé qui en dit long, sur ce qu’ils étaient. Des élus de la République trop sûrs de leurs prérogatives, vivant selon les règles caduques d’un vieux monde.

Et comment ne peuvent-ils être agacés par le carambolage chronologique qui fait clore le procès quatre jours avant le premier tour des Municipales ?

Les Français aussi ont tourné la page Fillon

Ce procès n'aura probablement pas d'incidence sur les élections. Mais, ce qui met mal à l’aise Les Républicains, c’est que les failles révélées par le Pénélopegate ne se sont toujours pas refermées. 

Quelle est la ligne politique des Républicains ? Libérale et conservatrice comme celle de Fillon ? Doit-elle être plus sociale ? Et pour quelle stratégie ? Tenter de reconquérir l’électorat séduit par le Rassemblement national, voire tenter des alliances avec le RN ? Faut-il miser sur l’affaissement de la macronie et re-cibler l’électorat centriste ?

Autant de questions déjà posées pendant la campagne de Fillon et auxquelles les Républicains n’ont toujours pas apporté de réponses.

Et puis, il n’y a toujours pas de vrai chef…

Et oui, et pour un parti de droite, manquer de tête, c’est ne plus pouvoir réfléchir. La campagne de 2017 avait été le théâtre d’une guerre des chefs assassine. Sarkozy, Fillon, Juppé… Aujourd’hui, c’est Bertrand, Pécresse, Baroin, Retailleau, d’autres encore d’ici à 2022. Certains voient Nicolas Sarkozy comme un recours.

Sarkozy dont les épées de Damoclès judiciaires tempèrent probablement les ardeurs, Sarkozy qui dès la campagne de Fillon avait placé ses troupes avec Christian Jacob, désormais leader du parti, et avec François Baroin. 

Sarkozy dont l’onction est toujours recherchée par des Républicains en quête de fonctions électives comme Rachida Dati pour la mairie de Paris. Nicolas Sarkozy sans qui décidément rien ne semble pouvoir se faire à droite pour quelques années encore…

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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