En ce moment dans le camp Macroniste, c'est l'eupohrie.

« C’est presque trop beau pour être vrai…» La réflexion date d’hier et elle émane d’un député socialiste qui soutient Emmanuel Macron. Pour le candidat du mouvement « En Marche », en ce moment, c’est que du bonheur, comme disent les gagnants des jeux télévisés.

Résumons. D’un côté, le PS menace d’exploser. La participation à la primaire de la gauche est faiblarde. Les apprentis sorciers de Solférino sont pris la main dans le pot de confitures en train de tripatouiller les chiffres. Et, mieux encore, c’est Benoît Hamon qui devrait l’emporter. Hamon, le candidat rêvé pour Emmanuel Macron.

De l’autre côté, François Fillon est plombé par une sale affaire d’emploi fictif de sa femme au moment où il s’apprêtait à relancer une campagne qui patine dangereusement. Comme le dit un de ses supporters, « pour Emmanuel, toutes les planètes sont en train de s’aligner.» Au point que chez Macron, on pronostique la publication prochaine de sondages annonçant sa présence au second tour face à Marine Le Pen, un second tour qu’il gagnerait évidemment.

Cet optimisme et ce vent qui souffle dans le sens de Macron incite évidemment de plus en plus d’élus à le rejoindre. Mais ça, c’est un peu ce qui l’inquiète. Macron redoute d’être victime de son succès. « Ça va trop fort et trop vite », résume un de ses proches. Trop vite parce que s’il pique dès le début du mois de février la place de favori à Fillon, il lui restera trois mois à tenir. Et trop fort parce que les ralliements ne sont pas tous que des bonnes nouvelles. Appelons ça le théorème d’Alain Minc. L’essayiste a officialisé son ralliement, on le sait, et quand on se souvient que Minc a soutenu Balladur en 1995, Sarkozy en 2012 et Juppé à la primaire de de la droite, évidemment, on se dit que Macron aurait mieux fait de trouver un fer à cheval ou un trèfle à quatre feuilles…

Si Hamon gagne la primaire, la frange modérée des socialistes pourrait envisager de rallier le camps Macron. Mais ce dernier redoute un tel ralliement. Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault, une flopée d’anciens ministres, une centaine de parlementaires socialistes, ils sont tous sur le pas de la porte et Macron ne sait pas trop comment les faire entrer. « Si Emmanuel devient le candidat de substitution du PS, il est cuit » s’inquiète un de ses partisans. Et le même ajoute que le pire pour Macron, ça serait qu’avec tous ces socialistes à ses côtés, il se retrouve à devoir défendre le bilan de François Hollande.

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