On pensait avoir senti ce petit parfum de pré-campagne. Le signe que quelque chose était en train de doucement bouger dans le rapport de force politique.

Pendant tout ce mois de janvier, les potentiels adversaires d’Emmanuel Macron se sont agités pour se faire entendre, surtout ceux qui gravitent autour des anciens grands partis, les Républicains et le PS.

Le premier sondage d’intentions de vote de l’année, réalisé par Harris interactive et publié hier dans l’Opinion était donc attendu. Rien d’une prédiction bien entendu mais plutôt une manière de relever les compteurs électoraux.

Dans une France sous couvre-feu où il est impossible d’organiser des meetings, et où les débats politiques télévisés ont laissé la place à des soirées pandémie, ce genre d’étude reste quoi qu’on en pense, l’un des rares thermomètres auquel les responsables politiques se fient.

Et il n'y a rien de neuf ! La vie politique française semble comme prise dans les glaces. L’épidémie fige tout.

Nous pourrions tout aussi bien être en 2019, ou même en 2017, puisqu’il est encore et toujours question de cette bipartition à l’américaine dont d’autres sondages affirment pourtant que les Français ne veulent plus.

Marine Le Pen contre Emmanuel Macron.

Les nationalistes contre les progressistes, si l’on se place du point de vue de l’Elysée. Les mondialistes contre les patriotes, ça c’est la lecture du Rassemblement national.

Cette paralysie se décline dans tous les camps politiques.

Depuis quelques semaines, la macronie admet surveiller à la fois sa gauche et sa droite. Les lieutenants du président peuvent respirer : le jeu paraît bloqué comme jamais dans ces camps.

Parce qu’ils ont chacun un candidat qui attire des suffrages mais ne fera pas d’alliances : Nicolas Dupont-Aignan à droite, Jean-Luc Mélenchon à gauche.

Si Xavier Bertrand tente une petite percée avec 16 % d’intentions de vote, pour Anne Hidalgo, sensation médiatique de la rentrée, c’est une sévère désillusion.

La maire de Paris était présentée il y a quelques jours encore par les ministres d’Emmanuel Macron comme une importante menace.

Elle n’est pour le moment photographiée qu’à 6-7 %. Pire encore, elle pointe derrière Yannick Jadot alors qu’elle espérait rallier les électeurs écolos à sa cause.

Répétons-le, ce n’est qu’un premier sondage qui n’annonce pas le printemps 2022. Mais il a déjà eu un effet : celui de faire souffler un froid polaire du côté de l’Hôtel de Ville de Paris.

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