Une ministre sans expérience politique jusqu’à l’an dernier : Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités, va jouer un rôle central à la rentrée. De quelle façon ?

Par Jannick Alimi

Cette spécialiste hématologue de renom va porter des dossiers d’une importance cruciale. La réforme de l’hôpital, celle du financement de la Sécurité sociale, des Ehpad, les établissements pour personnes âgées dépendantes, la grande pauvreté, les retraites et les suites des états généraux de la bioéthique sur la fin de vie ou la PMA pour tous… 

Mais cette suractivité c’est le lot de presque tous les ministres, non ?

C’est vrai. Mais, au delà de la quantité de travail, c’est la charge politique de ces dossiers qui est lourde. Et cette signification c’est le fameux  « tournant social » de la présidence Macron. Comme Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a incarné le volet « libéralisation » de l’an 1 Macron, avec l’ordonnance Travail, la réforme du chômage ou de la formation professionnelle, Agnès Buzyn, elle, doit incarner du volet « protection. » Non pas en faisant de la « redistribution » et en saupoudrant ici et là les deniers publics mais, beaucoup plus compliqué, en faisant des économies tout en sauvegardant le modèle social à la française. 

Et Agnès Buzyn est-elle de taille à affronter ce défi ?

C’est toute la question. Dans les dossiers « Santé », ceux qu’elle maîtrise le mieux, la ministre devra convaincre l’ensemble du monde médical libéral. Plus ardues, encore, les retraites ou la grande pauvreté. Contrairement à Muriel Pénicaud, qui était passée par le cabinet de Martine Aubry, en 1991, Agnès Buzyn manque de savoir faire face à Bercy qui tient les cordons de la bourse mais aussi face au patronat et aux syndicats avec qui elle va devoir négocier au plus serré. Conscient de ces limites, Emmanuel Macron, a diligenté un briscard de la concertation, Jean-Paul Delevoye, pour l’aider dans l’explosive réforme des retraites. Quand au plan « grande pauvreté », c’est le chef de l’Etat, lui-même, qui l’assumera, lors de son discours devant le Congrès, le 9 juillet prochain. Car si le second semestre sera l’heure de vérité pour Agnès Buzyn ce sera aussi, à n’en pas douter, celle du président.

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