Ils étaient partis en ordre dispersé aux Européennes. Mais pour les élections municipales, ni les socialistes, ni les écologistes n’ont intérêt à combattre en solo.

Municipales : bras de fer entre EELV et le PS
Municipales : bras de fer entre EELV et le PS © Getty

Les uns et les autres savent que les municipales, élections à deux tours, ne sont pas les Européennes. De Paris, à Nantes, Lille ou Rennes, les écologistes et les socialistes avaient noué, en 2014, des alliances victorieuses. Ces accords, souvent de second tour, avaient surtout permis au parti socialiste, après deux ans de quinquennat Hollande, de limiter les dégâts en ne perdant « que » 121 villes de plus de 15 000 habitants. Alors officiellement, Europe Ecologie Les Verts, qui est beaucoup moins présent et puissant localement que le Parti socialiste, mais aussi le PS, qui cherche avant tout à stopper la spirale infernale dans laquelle il est engagé depuis cinq ans, officiellement donc, les écolos comme les socialistes affichent leur volonté de s’allier. 

Pas question en tout cas de pactiser avec La République en Marche, ni, sauf exception locale, avec La France Insoumise. 

En réalité, derrière les intentions c’est bien une compétition entre les deux forces de gauche qui se poursuit une fois passées les Européennes. Un député socialiste me confiait : 

Nous avons prouvé lors des Européennes que nous étions prêts à nous effacer au nom de l’union. Notre main tendue a été refusée par les Ecolos. Et ils ne montrent toujours pas une grande envie de s’allier avec nous pour les municipales. Mais il ne faudrait pas qu’ils oublient qui est le plus fort au niveau local. Sinon, on se fera fort de le leur rappeler.

Côté écologistes, les 13,5% du 26 mai laissent des traces et de fait, le parti de Yannick Jadot et de David Cormand revendique aujourd’hui le leadership dans toute alliance de gauche qui pourrait voir le jour. 

Un vrai bras de fer

L’enjeu : arriver en tête au premier tour des municipales dans le plus de villes possible, pour pouvoir s’imposer au second voire remporter le troisième tour, c’est à dire l’élection du maire. Si aucune des deux formations ne se résout à s’effacer au profit de l’autre, alors c’est le lit de la République En Marche, de Les Républicains ou du Rassemblement national qu’elle risque de faire… 

Et après la déroute à la présidentielle, la débâcle des législatives et la défaite socialiste aux Européennes, une déconvenue aux municipales sonnerait alors comme un requiem pour la gauche. En tout cas pour le parti socialiste. 

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