Vous avez vu, hier, Arnaud Montebourg? L'homme qui disait "je ne fais plus de politique" était au milieu des journalistes.

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montebourg © Reuters / Michael Kooren

Il était sur le mont Beuvray, en Bourgogne. Il y va tous les ans. C'est un peu sa roche de Solutré. Montebourg a donné l'accolade à Christian Paul, devant les caméras. Mais il n'a pas dit un mot. Je vous fais les sous-titres : «je soutiens les frondeurs au congrès. Mais, attention, je ne m'exprime pas par des discours... car j'ai tourné la page.»

Bref..."Je suis là, mais je ne suis pas là. Je décroche...mais je ne décroche pas." C'est une habitude bien française.

En France, les hommes politiques ne tournent pas la page. Ce sont des toxicomanes de la vie publique .

Prenez les Etats-Unis, quand un candidat a été battu à la présidentielle, bye, bye, on ne le revoit plus.

Prenez le Royaume-Uni, le travailliste Ed Miliband vient de subir une lourde défaite aux législatives. Il a démissionné dans la foulée. En France, on est miné par le mythe, un peu gaullien, de la traversée du désert. "On ne veut plus de vous, mais ne partez pas, on peut vous rappeler." Ça donne des carrières de marathonien. Mitterrand s'est présenté trois fois à la présidentielle. Chirac aussi. Sarkozy aimerait en faire autant.

Du coup, c'est un peu compliqué pour la relève: vous avez peu de place pour de nouvelles têtes. Il y en a. Mais c'est l'exception. Citons quelques noms : Macron, à gauche. NKM, Le Maire, Wauquiez, à droite, Marion Maréchal le Pen, au FN . Mais on est loin de ce qu'on vient de vivre, par exemple, en Espagne. A Madrid, Manuela Carmena, une ancienne juge de 71 ans (comme quoi ce n'est pas une affaire d'âge), était inconnue il y a encore quelques. Elle a fait une percée aux municipales dans la capitale. Eton pourrait citer Matteo Renzi en Italie, ou Alexis Tsipras en Grèce.

Il y a quand même la primaire, qui ouvre le jeu, c'est la meilleure façon d'injecter de la nouveauté, d'aérer les appareils politiques. La droite s'y met. Mais à gauche, le moins qu'on puisse dire est que le sujet est en train d'être enterré. Et c'est d'ailleurs un handicap pour Montebourg. Au fond de lui, il comptait défier Hollande, mais très peu de responsables au PS bataillent désormais pour qu'une compétition ouverte soit organisée avant 2017. Il pourra se rattraper en 2022.

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