C’est une question que se posent les macronistes eux-mêmes. Et il faut reconnaître que c’est une question récurrente. Sous la Vème République, le parti qui détient l’Elysée et la majorité parlementaire n’a pas d’existence propre, et pas vraiment d’utilité.

Par Renaud Dély.

Sous le quinquennat de François Hollande, Harlem Désir puis Jean-Christophe Cambadélis n’ont pas pu empêcher la débâcle de la gauche au pouvoir qui a emporté le PS dans sa chute. Et qui se souvient que sous le mandat de Nicolas Sarkozy, Patrick Devedjian, Xavier Bertrand puis Jean-François Copé ont dirigé l’UMP sans que celle-ci ne serve à quoi que ce soit. Bref, dans notre régime présidentiel, diriger le parti majoritaire, c’est quasiment un emploi fictif. Surtout quand le chef de l’état instaure une présidence jupitérienne, c’est-à-dire une autorité que nul dans son camp ne saurait contester. 

A quoi sert, dans le dispositif de la majorité, le délégué général de La République en Marche, Christophe Castaner ?

D’abord parce que Christophe Castaner est l’un des rares dirigeants macronistes qui dit vraiment ce qu’il pense au Chef. Il n’hésite pas à faire part au Président de ses éventuels désaccords. Et puis Castaner, il faut reconnaître qu’il mouille le maillot. Il fait le tour du pays pour essayer de structurer le mouvement dans les territoires. Mais comme les autres dirigeants de la République en marche, il s’aperçoit que la mayonnaise ne prend pas. Il faut savoir que le mouvement revendique près de 400 000 adhérents, mais nombre d’entre eux ne sont que virtuels. Beaucoup se contentent de militer en échangeant dans des réseaux de discussion sur  les réseaux sociaux, mais sur le terrain, il y a beaucoup moins de vrais militants actifs. Et surtout, le parti est en proie à un profond attentisme.

Les adhérents ne font qu’attendre les ordres qui viennent d’en haut 

Un peu comme au sein du groupe à l’Assemblée nationale. Le fonctionnement est en fait ultra-vertical. Tout le monde attend la fumée la blanche de l‘Elysée avant de prendre position. Et ces dernières semaines, quelques militants récalcitrants ont même été exclus vite fait parce qu’ils osaient prendre leur aises avec le fonctionnement du mouvement. Et c’est là qu’on se rend compte qu’entre l’obéissance absolue au chef, l’absence de votes internes et l’interdiction des tendances, les deux mouvements politiques les plus récents, La République en Marche et la France Insoumise sont en fait les deux partis les moins démocratiques. Et qu’en politique aussi, l’ancien monde avait du bon.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.