On entend parler que de lui, le professeur Didier Raoult prône l’utilisation de l’hydroxychroloquine pour lutter contre le Covid-19. Le débat sur cette solution fait rage dans le corps médical. Il y a un phénomène politique Raoult. Indépendamment de lui d’ailleurs : on ne choisit pas ses supporters.

Le chercheur Didier Raoult
Le chercheur Didier Raoult © AFP / Gérard Julien

Au delà d’hommes et de femmes politiques, Christian Estrosi ou Valérie Boyer, mais aussi Julien Dray, c’est une foule d’anonymes qui le soutient sur les réseaux sociaux, dont, mais pas seulement, une large part, active, de gilets jaunes.

Didier Raoult est depuis longtemps le professeur rebelle. Brillant, reconnu comme un grand spécialiste, il est aussi un maverick, original, parfois malcommode, et son look correspond à ce caractère. 

« Je vais lui montrer qui c’est Raoult », lit-on parfois à son propos, en écho à ce fameux dialogue des Tontons flingueurs dans lequel Raoul Volfoni, incarné par Bernard Blier, promet à son ennemi de « lui faire une ordonnance » à coups de dynamite. 

Un caractère ne suffit pas à faire un marqueur politique...

Un peu quand même. Raoult est depuis un certain temps en butte avec certaines hautes autorités de la recherche médicale, notamment à l’Inserm, qui a retiré son habilitation à l’institut qu’il dirige à Marseille. Raoult s’était en 2017 inquiété publiquement lorsqu’Agnès Busyn est devenue ministre de la Santé, d’un possible conflit d’intérêt alors que le mari de Busyn, était patron de… l’Inserm. 

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Et lorsque Raoult dit qu’il faut utiliser la chloroquine tout de suite, et qu’en réponse une grande partie des autorités médicales du pays dit "Attention, il faut prendre le temps", beaucoup le perçoivent comme une sorte de Robin des bois anti-technocrate. 

Or, souvenez vous, les gilets jaunes avaient beaucoup à voir avec la technocratie. Dans les défilés, on entendait les gens râler contre des règlementations tatillonnes jugées absurdes.  Que ce soit sur les fosses sceptiques, les chaudières ou le contrôle technique de leurs voitures... 

Tout cela ne dit évidemment rien du résultat des études en cours sur la chloroquine. Mais cela dit que sous le confinement, les fractures et exaspérations françaises apparues lors des gilets jaunes sont toujours là.

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