La campagne pour la présidence de l’UMP a-t-elle donné le ton de ce que dira la droite pour revenir à l’Elysée ?

J-5 avant l’élection du prochain Président de l’UMP
J-5 avant l’élection du prochain Président de l’UMP © Radio France

Comme il se doit lors de l’élection à la tête d’un parti politique, c’est celui qui est le plus en phase avec le noyau dur qui a le plus de chances de gagner. On l’avait vu en 2012, quand Jean-François Copé avait remonté son handicap face à François Fillon en menant une campagne plus à droite. Cette fois-ci, rebelote : les trois candidats ont parlé au cœur de leur électorat. Dès le départ, le plus en phase avec les attentes du parti, c’est Hervé Mariton. Il affiche une ligne très libérale en économie et très conservatrice sur les questions sociétales, puisqu’il est le porte-parole des partisans de la suppression de la loi Taubira. Mais c’est le moins connu, et ce positionnement ne lui a pas suffi pour percer dans cette campagne.

Les autres ont-ils fait évoluer leur ligne ?

Bruno Le Maire a commencé en défendant l’idée d’un nouveau code de conduite des élus. Mais il a vite compris que les militants attendaient qu’il parle d’assistanat, d’impôt et d’immigration. Il a même admis qu’il fallait réécrire la loi Taubira, ce qu’il ne voulait pas faire au départ, et il a développé un programme économique clairement libéral. On l’écoute répéter sa phrase fétiche, dite tout au long de la campagne (c’était sur BFM TV le 23 novembre dernier) :

Sarkozy, lui, a commencé par expliquer que le clivage entre la gauche et la droite, ça n’avait plus de sens

C’est ce qu’il fait au début. Il a voulu se placer au-dessus des logiques partisanes. Mais il s’est très vite s’adapté aux attentes de son électorat. Il a annoncé au cours de sa campagne qu’il était favorable à la suppression de l’Aide médicale d’Etat – cette aide qui permet de soigner les étrangers en situation irrégulière, et dont le coût a dérivé de 30% depuis deux ans. Un dispositif qu’il considérait encore comme intouchable pendant la campagne de 2012. Il a aussi dit qu’il supprimerait l’ISF, ou passerait à la retraite à 63 ans.

Finalement Le Maire, Sarkozy et Mariton sont tous très loin du centre

Il n’est plus question d’ouverture : la droite est là pour appliquer un programme de droite. Si Sarkozy est élu samedi, il entend incarner l’opposition. Avec la ferme intention de reprendre la place d’opposant que Marine Le Pen occupe sans se gêner depuis la crise de l’UMP.

Le paradoxe, c’est que le seul des trois qui est finalement d’accord pour une alliance avec le centre, c’est Nicolas Sarkozy, qui ne dit pas autre chose qu’Alain Juppé sur ce suje t. Mais, à la différence du maire de Bordeaux, il s’agit d’une alliance sans François Bayrou, comme il le dit clairement ce matin dans notre interview du Figaro . C’est là qu’est toute la différence : Alain Juppé occupe désormais un espace politique au centre. Et Nicolas Sarkozy, a retrouvé son lit naturel : la droite décomplexée.

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