Le duo Macron-Philippe fonctionne bien, et pourtant les deux hommes se marchent de plus en plus sur les pieds !

Edouard Philippe et Emmanuel Macron
Edouard Philippe et Emmanuel Macron © AFP / Ludovic Marin

Emmanuel Macron nous avait promis, après le grand débat, qu’il allait prendre du champ, de la hauteur. Un retour en quelque sorte à l’esprit des institutions avec un président qui fixe les grandes orientations et un premier ministre, au charbon, qui gouverne. 

Eh bien, cette répartition des rôles, qui devait marquer la seconde partie du quinquennat, elle n’aura pas duré longtemps puisqu’en fait, si on regarde bien, les deux têtes de l’exécutif se partagent en permanence la même bande passante

Hier, le premier ministre Edouard Philippe est entouré de ses ministres. Il conclut le Grenelle des violences faites aux femmes. Ça c’est le matin. Et dans l’après-midi, qui est là dans un tribunal, pour aller voir des victimes de violences conjugales ? Emmanuel Macron. 

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Et sur les retraites, comment ça se passe ?

Le premier ministre est en train de recevoir tous les syndicats. Les uns après les autres, à Matignon. C’est donc lui qui fait le boulot de la concertation. Mais dans le même temps, c’est Macron qui fixe la tonalité, les arguments avant la grève du 5 décembre. 

Le chef de l’Etat a été le premier à évoquer la piste qu’on appelle la « clause du grand père », c’est-à-dire l’idée que la réforme pourrait ne concerner que les gens qui entrent aujourd’hui sur le marché du travail.

Puis, il a commencé à taper sur les régimes spéciaux. Sur le thème, les manifestants sont des privilégiés, qui défendent leurs avantages. Et tout le monde, dans la macronie a repris cette petite musique.

Macron et Philippe sont en fait les deux sur la brèche ensemble, l’un pour mobiliser la majorité, l’autre pour parler à l’opinion publique.

Il y a un événement qui a beaucoup marqué l’exécutif. C’est Lubrizol, à Rouen. Le Premier ministre y est allé, des tas de ministres y sont passés, parfois ils sont venus à trois en même temps, et pourtant les gens ont dit à Macron, quand il est venu à son tour : pourquoi vous n’êtes pas venu avant ? Personne ne s’est intéressé à nous !

Tout cela pour dire que dans notre système médiatique et politique, avec le suffrage universel, les gens se tournent mécaniquement vers le président, ce qui oblige Emmanuel Macron a joué un peu tous les ballons. Quitte à se disperser. Et à avoir un premier ministre qui le seconde, mais qui ne le protège pas vraiment. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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