Par Carl Méeus, rédacteur en chef duFigaro Magazine

noël mamère claque la porte des verts
noël mamère claque la porte des verts © reuters

Alors c’est vrai, on peut considérer que le départ d’un député, fut-il historique et grande gueule, est un épiphénomène qui n’empêchera pas le parti écologique de continuer à vivre. C’est d’ailleurs la ligne officielle des dirigeants Verts : « circulez, il n’y a rien à voir ».

Mais on peut aussi s’arrêter un instant sur les mots employés par Noël Mamère pour expliquer son départ fracassant : « la firme », « les clans ». Des mots violents qui montrent que loin d’être un parti qui fait de la politique autrement comme ils s’en vantent, les Verts sont plus politiciens que les pires politicards de la IVème République. Il n’est d’ailleurs pas le seul à penser ça. Daniel Cohn-Bendit ne dit pas autre chose :

Daniel Cohn-Bendit, hier matin sur Europe 1:

- Clans, firme, couples terrifiants : Mamère et Cohn-Bendit y vont fort effectivement. Pourquoi des mots aussi violents?

Ils en ont marre tout simplement de la mainmise de Cécile Duflot et ses affidés sur le parti et de ses choix stratégiques pour le moins curieux. Déjà ils avaient peu apprécié le choix du candidat à la présidentielle. Entre Nicolas Hulot et Eva Joly, l’authentique écologiste et l’ancienne juge d’instruction très à gauche, les dirigeants Verts préféraient celle dont ils pensaient qu’elle ne ferait pas un bon score.

Elle a très bien rempli sa mission puisqu’elle n’a pas dépassé les 3% au premier tour de la présidentielle. Et pourquoi ont-ils fait ça ? Parce qu’ils avaient négocié avec le PS un accord électoral leur conférant la possibilité d’avoir un groupe à l’Assemblée nationale. Des députés en nombre plutôt qu’un candidat crédible à la présidentielle.

- Cela dit, Cécile Duflot aussi s’était émue de certains choix du gouvernement, non ?

C’est le départ contraint de Pascal Durand de son poste de secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts qui a mis le feu aux poudres. Rendez-vous compte, il a osé lancer un ultimatum au président en lui demandant que les projets du gouvernement soient plus écolos ! Il a pris au mot Cécile Duflot et ses affidés qui répètent depuis un an qu’ils se posent des questions sur leur participation au gouvernement. Mais la différence c’est qu’eux sont dans un jeu de rôle typiquement politicien, on sait qu’ils ne veulent pas quitter leur poste, la voiture de fonction et les avantages qui vont avec. Alors que Pascal Durand était sincère…

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