Par Nathalie Schuck

Manuel Valls et François Hollande le 19 mars 2016 à l'occasion du match France / Angleterre
Manuel Valls et François Hollande le 19 mars 2016 à l'occasion du match France / Angleterre © Getty / Jean Catuffe

En coulisses, certains amis et soutiens de François Hollande rêvent de torpiller la primaire du PS. A commencer par Manuel Valls !

La primaire, elle m'inquiète. Elle peut donner le pire comme le meilleur.

Voilà ce qu'il dit en off. Mais on sent bien que dans l’esprit du Premier ministre, ce sera surtout le pire. Il pense que cette primaire, prévue les 22 et 29 janvier, arrive beaucoup trop tard, qu’elle risque de faire un flop en terme de participation, qu’elle n'intéressera pas grand monde faute de véritable enjeu et surtout, plus grave, quelle ne servira à rien puisque Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot ou Emmanuel Macron n'ont pas l'intention d'y participer.

Or, le but, à la base, c'était de rassembler la gauche. Sans compter qu'on a du mal à imaginer François Hollande soutenant Arnaud Montebourg s'il gagne... et vice-versa. Du coup, beaucoup aimeraient bien enterrer cette primaire ! Un conseiller du président me disait, en croisant les doigts : « elle peut ne pas avoir lieu ». Alors que cette primaire est pourtant un exercice démocratique que le PS avait plébiscité en 2006 et 2011 ! Mais l'immense différence c'est que ce sera la première fois qu'un président sortant se soumettra à une primaire partisane. Et ça, certains conseillers du pouvoir ne s’en remettent pas, pour eux c'est la désacralisation ultime de la fonction présidentielle. L'un d'eux me disait : « Hollande à la primaire, c'est une honte ! Il est président sortant et il n'est même pas considéré comme le candidat légitime... »

Un autre conseiller de l'exécutif, déprimé, imagine déjà la scène :

Vous voyez Hollande tenir un conseil de défense le matin et un meeting face à Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche le soir ? C’est grotesque ! Et imaginez s'il perd...

Au fond, les partis n'ont pas tiré toutes les conséquences des primaires. Pour Manuel Valls, la réponse c’est non. Il y avait participé en 2011 mais il pense aujourd'hui que ce mode de désignation n'est plus adapté. Pour une raison simple : selon lui, le prochain président de la République sera élu face à Marine Le Pen. Il devra donc rassembler les progressistes des deux camps. Or, la primaire pousse à l'inverse à se recroqueviller sur son camp ! Emmanuel Macron pense exactement la même chose. Pour lui, ce sera une bagarre dans une cabine téléphonique, puisque la gauche de gouvernement ne pèse plus, selon les sondages, que 10 à 15% des voix. Pour Macron, la primaire c'est le « syndrome de la déliquescence absolue des partis ». Ne comptez donc pas sur lui pour en faire partie.

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