Les élections sénatoriales de dimanche ont sonné la victoire des Républicains et des centristes et les premières désillusions de la République en Marche.

Par Jannick Alimi

Il ne fait aucun doute que les élections sénatoriales ont rappelé que la droite était toujours présente au Parlement, et pas seulement. Au gouvernement d’Emmanuel Macron. Mais pas de quoi surprendre le chef de l’Etat ni l’inquiéter d’ailleurs. Un proche du président m’expliquait : « Ce ne sont pas Les Républicains qui vont bloquer le budget, la loi sécurité ou la réforme de l’Education. En revanche, il faut prendre au sérieux la résistance surprenante des socialistes. »

Dimanche, le PS a perdu du terrain, mais, cela aurait pu être pire ! Et avec 81 sénateurs, les socialistes font plus que sauver les meubles. Comme d’ailleurs le Parti Communiste qui était menacé de disparition au Sénat mais qui est toujours là…

Le Sénat n’a aucun pouvoir de blocage, sauf sur la réforme constitutionnelle que le chef de l’Etat veut faire voter dans quelques mois. Mais l’important est ailleurs. Pour Macron, cette résistance de la gauche est un véritable un coup de semonce.

Un cadre de La République en Marche confiait :

Les outrances de Mélenchon risquent de se révéler contre productives pour lui, me confie un cadre de la République en Marche. En revanche, il nous faut écouter cette gauche qui s’installe au Sénat où les socialistes y sont désormais deux fois plus nombreux qu’à l’Assemblée. Ce qu’il faut faire maintenant c’est plus de social.

Alors, après la réforme du droit du travail et le projet de loi de finances, classés à droite, Macron sait, surtout depuis dimanche, qu’il ne doit plus perdre de temps pour lancer ses réformes classées à gauche comme celle de la formation ou de l’indemnisation chômage pour tous. En outre, l’élection au Sénat redonne des couleurs aux plus radicaux des socialistes.

Alors la seule issue pour Emmanuel Macron, c’est que le PS, en pleine introspection, se radicalise au risque de se « mélenchoniser. » Ou au contraire, se recentre sur une ligne socio démocrate pour finir par se « macroniser ». Ou les deux à la fois. Ce qui signerait alors mort du PS. Et un champ politique plus dégagé pour le chef de l’Etat.

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