L’an 2 de l’ère Macron s’ouvre avec une panoplie de mesures que n’auraient pas désavouées Rocard ou DSK… Emmanuel Macron n’est plus le président des riches ?

Malheureusement pour lui, la réforme de l’ISF et la « flat tax » qui plafonne les impôts sur les revenus du capital colleront longtemps à la peau du chef de l’État. Mais avec les mesures annoncées pour l’an prochain, Emmanuel Macron réalise ce que n’avaient pu faire des socialistes comme Michel Rocard ou DSK : le fameux virage de « Bad Godesberg ».  Vous vous souvenez ? C’était le programme de société par lequel, dès la fin des années 50, les socialistes allemands abandonnaient le marxisme comme théorie explicative globale et reconnaissaient l’économie de marché.

Ce n’était déjà pas le cas avec François Hollande ?

Pas le François Hollande de 2012 pour qui la finance était l’ennemi. En revanche, c’était le cas du Hollande de 2014 à 2017, celui du CICE. Mais, il y a une différence d’avec Macron ! C’est que, pour faire passer ses idées iconoclastes pour une partie de la gauche, Hollande a dû se battre avec une partie de ses propres troupes, les frondeurs socialistes qui ont entravé la fin de son mandat et contribué à ce qu’il ne se représente pas.

Emmanuel Macron ne risque-t-il pas lui- aussi de générer ses propres frondeurs ?

Pourquoi se manifesteraient-ils aujourd’hui alors que l’an 2 Macron se veut plus « social » ? Ou alors ce seraient des frondeurs de droite déçus par la timidité de la réforme de l’État. Les frondeurs de Macron, ce sont la France Insoumise et quelques-uns de la trentaine de socialistes de l’hémicycle. Et à part deux députés En marche qui ont quitté le groupe, vous ne voyez aucun contestataire de l’intérieur. Même chez les députés LREM issus de la mouvance socialiste. 

Tous applaudissent le « en même temps » de Macron, le travail et le capital cher aux cœurs de tous les socio-démocrates.

Côté capital : le renforcement des fonds propres des entreprises, les allègements de charge ou la réduction de l’impôt sur les sociétés… 

Côté travail : le Plan Pauvreté, le déverrouillage des 35 heures, l’allègement des cotisations salariales, le Zéro à charge pour les lunettes ou les frais dentaires. Ou encore le Plan Santé qui réforme mais sans y toucher le fameux modèle social à la française. D’ailleurs, le départ de Manuel Valls est tout un symbole. Voyant le créneau du centre gauche bien occupé par Macron, l’ancien rocardien n’a vu qu’une seule issue pour rebondir : quitter  la France. 

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