jean-luc mélenchon quitte la co-présidence du parti de gauche
jean-luc mélenchon quitte la co-présidence du parti de gauche © reuters

La crise de ces derniers jours pose forcément cette question. Le PS en a vu d’autres. Mais à entendre Montebourg et ses amis, on se dit que le fruit est mûr, et que la gauche anti-libérale va finir par se rassembler contre « les politiques d’austérité » en un mouvement électoral qui sonnerait l’hallali du vieux parti de Mitterrand.

Les arguments de Montebourg ne sont-ils pas désormais identiques à ceux de Mélenchon ?

Ecoutonsle tribun du Front de gauche, c’était à Grenoble, le même jour que la réunion de Frangy-en-Bresse :

Qu’est-ce qui les empêche de se mettre d’accord ?

Tout d’abord, la bataille doit être livrée lors du congrès du Parti socialiste en 2015 , et rien ne dit que les anti-hollandais quitteront le PS s’ils sont mis en minorité. Hier, un proche de l’Elysée me rappelait qu’« à l’intérieur du PS il y a deux types de frondeurs très différents ». Des députés comme Gérard Filoche qui considérèrent que 57% du PIB consacrés aux dépenses publiques, c’est le minimum. Ceux-là seraient prêts à rallier un nouveau Front de gauche._ Et puis il y a une autre ligne, moins maximaliste, celle de Montebourg, Filippetti,_ et d’une grande partie des députés frondeurs.

Car le désaccord de Montebourg et ses amis avec Hollande est en réalité minime. Ils demandent des gestes à l’égard des plus pauvres ! Et ils n’hésitent pas à qualifier de politique d’austérité le choix fait par Hollande de ralentir à toute petite vitesse le rythme d’augmentation des déficits. Ils le savent très bien, l’austérité, la vraie, c’est ce que les Anglais ont fait en supprimant 500 000 postes de fonctionnaires publics, ou les Espagnols, les Italiens, les Grecs, qui ont réduit les retraites ou les salaires de 10 à 20%.

Donc un nouveau Front de gauche emmené par Arnaud Montebourg, ce n’est pas pour demain. Et puis, il y aura la bataille des egos, entre Aubry, qu’il ne faut pas oublier, Montebourg et Mélenchon s’il décidait de revenir. Il y a aussi les exemples du passé. Même les électeurs mécontents jugent sévèrement les responsables de leurs bords qui jouent contre leur camp. Le Parti communiste s’en souvient : il n’a engrangé aucun succès électoral après avoir quitté le gouvernement Fabius en 1984.

Un proche de Fabius ne mâchait pas ses mots hier à propos du « fanfaron de Frangy-en-Brèle » qui a selon lui, « trop bien compris la vidéocratie ». Montebourg fait de gros effets d’annonce, Montebourg tonne. Cela permet d’accumuler du capital médiatique. Mais rien ne laisse penser qu’il le transformera en alliances électorales.

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