Le ministre de l’Intérieur jouait gros à Biarritz. Après les Gilets jaunes, après l’affaire Steve, ce jeune retrouvé mort dans la Loire, Christophe Castaner devait gérer la sécurité du G7 et éviter que le contre-sommet ne dégénère. Et ca s’est bien passé.

Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur
Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur © AFP / Ludovic MARIN

Ce matin, tous les commentateurs sont unanimes. « Macron a réussi son G7 ». Mais il y en a un autre, qui a réussi son G7, c’est Christophe Castaner. 

Je rappelle que tout monde lui prédisait le pire, la semaine dernière. « S’il y a des violences à Biarritz, des black blocs partout, il va sauter. Il est fragilisé », etc.

Le ministre de l’Intérieur a réussi à limiter les actions les plus violentes. Mieux, les organisateurs de certaines manifestations ont même annulé leurs actions. 

Il faut dire que Castaner avait mis le paquet. CRS, policiers en civil et surtout renseignement. Le ministre de l’Intérieur a signé pas moins de 430 « interdictions administratives du territoire », c’est-à-dire que 430 étrangers jugés dangereux se sont vus interdire de passer nos frontières. 

Castaner est-il pour autant sauvé ?

Ce week end, alors qu’il était à Paris, dans son bureau pour suivre les manœuvres de la police, il répétait à ses troupes : « Pas de triomphalisme ». Ça veut dire qu’il sait que la partie est loin d’être gagnée. 

D’abord, il a une conviction. C’est que la France peut s’incendier à nouveau. Qu’une colère type gilets jaunes peut repartir à la première étincelle… 

Et puis, il le sait  : son image est maintenant associée, à tort ou à raison, à celles des violences policières. 

Emmanuel Macron lui-même a parlé de violences « inacceptables » côté manifestants mais aussi côté policiers. 

Oui, c’est un changement de ton. Le président a déploré, publiquement, qu’il y ait eu des « mutilations ». C’est le début d’une critique. D’ailleurs, le ministre de l’Intérieur est peu mis en avant, ces dernières semaines, dans les médias.

Pour autant, il a un atout qui le protège des remaniements

C’est un compagnon de la première heure. Or, Emmanuel Macron ne lâche jamais ses apôtres comme Richard Ferrand comme, donc, Christophe Castaner. Pour deux raisons : il a besoin de ces personnalités très politiques, et il en manque. Et parce qu’il apprécie par-dessus tout la loyauté. 

Peut-être parce qu’Emmanuel Macron sait plus que quiconque à quel point il est possible de prendre le pouvoir de l’intérieur, de faire un putsch comme il a fait sous François Hollande. Président échaudé en vaut deux. 

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