La garde des sceaux défend le projet de loi sur le renseignement et les critiques ont été très sévères. Retour ce matin sur les attaques de la droite contre Christiane Taubira, qui font mal à la République.

Christiane Taubira
Christiane Taubira © MAXPPP/Xavier de Torres

C'est à se demander si, en politique, tous les coups sont permis. Pas moins de cinq représentants de la frange dure de l'UMP s'en sont pris ce week-end à la garde des Sceaux. Et ils ne font pas dans la dentelle.

La politique pénale de Taubira, juge par exemple Eric Ciotti, « menace la République ». Rien que ça! Ajoutez à ça la Une du « Figaro » sur la baisse du nombre de détenus et la hausse des agressions violentes samedi et de « Valeurs actuelles » qui titrait sur l’insécurité et le laxisme. C'est un véritable tir croisé de la droite contre son épouvantail préféré, avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy. Je ne reviens pas sur les propos de cette élue UMP qui voulait renvoyer Taubira à Cayenne, « là où il y avait le bagne », ceux de Laurent Wauquiez l'accusant par erreur d'être responsable du meurtre de la petite Chloé, ou de Gérald Darmanin qui l'a qualifiée de « tract ambulant pour le FN » dans une allusion à sa couleur de peau. Et c'est là que je veux en venir. Si le ministre de la Justice était un homme blanc de 60 ans, est-ce qu'il aurait droit à cette avalanche? Non!

Que cherche la droite? Sous couvert de défendre la veuve, l'orphelin et les victimes de récidivistes, on peut se demander si la droite ne souffle pas sciemment sur les braises mauvaises du racisme ordinaire et de la peur . Et si elle n'est pas en train de nous refaire le coup de la présidentielle de 2002, quand Lionel Jospin avait été obligé d'avouer sa « naïveté » sur l'insécurité et que Le Pen père s'était qualifié au second tour. L'UMP n'hésite plus, pour récupérer les électeurs du FN, à surfer sur la menace terroriste, l'Etat islamique ou l'Europe impuissante face aux cargos de migrants. Quitte à doubler le FN sur sa droite. Prenez Christian Estrosi qui a parlé de « cinquième colonne » islamiste, qui serait cachée sur le sol français. Eh bien personne à l'UMP, à part Gérard Larcher, ne l'a condamné! Quand on pense que Marine Le Pen a sanctionné son conseiller Aymeric Chauprade pour avoir parlé de « cinquième colonne » après les attentats de janvier, ça laisse songeur.

Le « Taubira bashing » a donc de beaux jours devant lui. Mais ce n'est pas ça qui la fera partir. Elle le confie dans Le Parisien ce matin: elle « ne capitulera pas »! En OFF, elle dit que c'est pour tous les « gamins qui ont le même visage » qu'elle veut rester au gouvernement, malgré les attaques de la droite. Bref, on peut se demander si tout cela est vraiment à la hauteur quand on veut s'appeler « les Républicains ».

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