Par Yves Thréard

62000 chômeurs en moins au mois de mars, un contrat en or de 34 milliards d’euros avec l’Australie, on dirait que ça va mieux pour François Hollande ??

Sauf son respect, on a envie de dire chapeau l’artiste. "Hé ho la gauche", vous avez vu ce qu’il sait faire !

Personnellement, j’étais inquiet pour lui, lundi, quand ce mouvement "Hé ho la gauche", destiné à préparer sa campagne présidentielle, a été lancé par son ami Stéphane Le Foll.

L’opération de réanimation a d’ailleurs été la risée de tout le monde. Sur scène, il n’y avait que des ministres impopulaires.

Le Foll n’a pas la côte avec les agriculteurs, Najat Vallaud-Belkacem avec le monde enseignant, ni Marisol Touraine avec le corps médical. A eux trois, ils ont mis un nombre impressionnant de manifestants dans la rue. Et à côté d’eux, figuraient des ministres inconnus, ou presque : l’écologiste Emmanuel Cosse et le radical Jean-Michel Baylet ne représentent personne d’autres qu’eux-mêmes.

Cette embellie de mardi pourrait marquer un tournant. Je peux vous dire que beaucoup de hollandais, de proches de François Hollande que j’ai rencontrés ces dernières heures se remettent à y croire. C’est d’abord psychologique.

Un : ils sont convaincus que Hollande, à la fin de l’année, sera candidat à sa propre réélection . Plus de place au défaitisme, assez des frondeurs.

Deux : ils sont persuadés que le Hollande bashing a ses limites , que ça va finir par agacer nombre de sympathisants de gauche. Trop, c’est trop.

Trois : les Hollandais sont décidés à monter en première ligne pour défendre leur ami et faire valoir son bilan. "Hé ho", on est là !

André Vallini, le ministre de la Francophonie, me disait hier : « Il faut réagir, on ne peut pas continuer à se faire attaquer sans riposter ».

François Hollande
François Hollande © Reuters / Philippe Wojaser

Cette relative bonne séquence pour Francois Hollande, avec cette embellie sur l’emploi n'a pas grand-chose de rationnel ou de concret pour les Français. Et d’ailleurs, si on regarde bien l’embellie de mars sur le font de l’emploi, ses motifs contredisent complètement la politique du gouvernement. Elle est due principalement à la reprise de l’intérim et des CDD. Or que veut faire le gouvernement ? S’attaquer aux abus de l’intérim et surtaxer les CDD !

Hollande a eu cette phrase hier en saluant au siège de DCNS à Cherbourg le méga-contrat de vente de sous-marins à l'Australie décroché par le groupe français : « J'imagine qu'au moment même où l'on annonce un succès de cette importance, d'autres peuvent être dans l'inquiétude sur leur propre emploi ou sur leur propre industrie. Mais il faut avoir confiance en nous-mêmes. »

C’est le mot clé qu’il veut insuffler : « faites-moi confiance ». Il veut jouer le coup à l’affect, car sur le reste, il est mort.

Autant dire que n’est pas gagné…

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