De la manière dont l’exécutif va réussir ou non le déconfinement dépendent des enjeux très lourds, cruciaux même. Aujourd’hui, moins de 4 Français sur 10 accordent leur confiance au gouvernement pour faire face efficacement au coronavirus selon un sondage Ifop pour le JDD.

Le déconfinement suscite de l'affolement au sein de la majorité
Le déconfinement suscite de l'affolement au sein de la majorité © AFP / LUDOVIC MARIN
  • Premièrement, le bilan final de cette crise sanitaire, c’est-à-dire le nombre de morts, avec la question déterminante d’un possible rebond de l’épidémie ; 
  • Ensuite, la capacité de l’économie à redémarrer
  • Enfin, l’horizon politique d’Emmanuel Macron

Or, ce déconfinement ressemble à une forme de pari. On en a eu la preuve samedi soir avec la publication de l’avis du conseil scientifique qui préconisait un rentrée des écoliers en septembre, et non pas à partir du 11 mai comme l’a annoncé le chef de l’Etat. 

Une prise de risque assumée du président ? 

Oui, dans un premier temps, cette décision a d’ailleurs rassuré tous ceux qui dénonçaient un gouvernement des blouses blanches, et un recul du politique.

Sauf que depuis cette annonce, les ordres et les contre-ordres se multiplient

À l’école où la présence des élèves a été annoncée comme obligatoire avant qu’on comprenne que le retour en cours se ferait sur la base du volontariat. 

Sur la régionalisation du déconfinement, même chose, c’est oui un jour, non le lendemain. Une douche écossaise permanente ! 

Edouard Philippe annonce son plan de déconfinement demain après-midi à l’Assemblée… 

Edouard Philippe va sans doute mettre fin à cette cacophonie. Oui mais là aussi, si vous me passez l’expression, c’est le bordel. On a bien compris qu’Emmanuel Macron voulait mettre un terme au plus vite à la "République des couacs". Mais cette nouvelle annonce a suscité l’affolement de toute une partie de la majorité. 

Sauf changement, les députés vont devoir voter demain un plan de déconfinement qu’ils viendront à peine de découvrir ! 

Sans compter qu’un autre débat était prévu mardi à l’Assemblée, tout sauf anodin, puisqu’il était consacré à un éventuel traçage numérique des personnes malades. 

Or, ce thème primordial au regard de nos libertés va être noyé dans le débat sur le déconfinement. 

Vous me direz, Emmanuel Macron est coutumier de ces drôles de séquences où il met sa majorité, ses ministres et même son premier ministre au pied du mur

Mais avec cette précipitation et ce défaut de méthode, il organise lui-même les difficultés de mise en œuvre d’un plan que son entourage rêve pourtant "comme celui de toute la Nation". 

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