Emmanuel Macron se rendra, jeudi, dans les camps militaires de Mourmelon et de Suippes, dans la Marne. Peut-être une façon pour lui de renouer avec l’armée après la démission fracassante cet été du chef d'état-major des Armées Pierre de Villiers.

Par Jannick Alimi. 

C’est vrai que ce sera le premier déplacement d’Emmanuel Macron auprès de l'armée de Terre. Il ira à Mourmelon où il rendra les honneurs militaires. Puis il assistera à un exercice militaire au camp de Suippes, avant de retourner à Mourmelon pour y visiter les installations de ce camp de 10.000 hectares. Macron s’est déjà rendu à la base aérienne d'Istres puis au port de Toulon. Il a aussi rendu visite aux troupes basées au Mali et au Niger, et aux sous-mariniers nucléaires de l'Ile Longue. 

Et lors de ses vœux aux Armées, il avait exprimé la "reconnaissance" et la "fierté" de la France, et promis un effort budgétaire "inédit et incomparable". L’idylle parfaite croirait-on.

Sous le gant de velours, une main de fer 

C’est souvent le cas avec Emmanuel Macron. Toujours pendant ses vœux, le président avait réclamé aux Armées "la plus grande exigence collective", prévenant qu'il y veillerait "personnellement" et il a insisté sur le fait que "chaque dépense sera évaluée à l'aune de son utilité opérationnelle". Même détermination sur le service national. On sait que l’Armée n’en voulait pas. Mais Macron a tenu bon. Et même si, en théorie, tous les ministères devraient être sollicités, il n’en reste pas moins que ce service durera plusieurs mois et sera -en partie- obligatoire.

Emmanuel Macron affiche toute sa vision de l’Etat et de sa présidence face à l’armée

"J'ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir." avait-il lancé à l'Hôtel de Brienne devant la communauté militaire au garde à vous. Mes ordres sont mes ordres, en somme. Et la célébration nationale qu’il veut offrir à Georges Clémenceau n’est pas anodine non plus. 

Pour ceux qui ne s’en souviennent pas : le Tigre a su imposer ses vues aux chefs militaires de 1917 pour devenir, de facto, le premier chef des armées. Macron le rappelle à ceux qui auraient pu l’oublier.

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