Comme tous les ans, les politiques arpentent les allées du Salon de l’Agriculture. Mais cette année, le rendez-vous est plus sensible que jamais.

La France vit depuis plus de trois mois au rythme de la crise des Gilets jaunes. Or les agriculteurs, même s’ils ne forment pas cortège les samedis dans les villes, incarnent cette France rurale, celle des oubliés des décisions prises à Paris, cette France victime de la désertification des services publics, comme  les écoles ou les gares, ou même des services privés à l’image des cabinets de ces médecins de campagne qui tramaient le tissu social et donnaient confiance aux Français dans le système politique du pays. Emmanuel Macron ne s’y est pas trompé puisqu’avec plus de douze heures de présence au Salon samedi dernier, il y a battu un nouveau record. Sans horions ni œufs pourris. Ce qui, à l’Elysée, est considéré comme de bon augure. 

Cette année, on renégocie aussi la PAC  

Cette politique agricole commune qui a poussé les paysans et les éleveurs français à se moderniser mais qui aujourd’hui est lourde de menaces, diminutions d’aides, traités commerciaux de libre échange et autres contraintes écologiques ou environnementales. De quoi alimenter les argumentaires de tous les partis politiques, de gauche comme de droite, europhiles et eurosceptiques. Surtout que dans trois mois auront lieu les élections au Parlement européen.  Et de cela le chef de l’Etat s’en est saisi. Son discours, samedi dernier, avait pour pierre angulaire, l’Union européenne, une idée qu’il veut défendre contre les vents protectionnistes et les marées populistes. Une Europe qui doit à ses yeux laisser la France arrimée au monde mais une Europe qui protège les agriculteurs français. Autant dire que la campagne est lancée et que le chef de file de la future liste LREM n’est autre qu’Emmanuel Macron en personne.   

Cette campagne est un enjeu pour la scène politique nationale

Les derniers sondages le montrent. Arrivent en tête la République en Marche et le Rassemblement national. Laissant loin derrière les autres formations et notamment Les Républicains, les socialistes et la France Insoumise. Comment s’en étonner lorsque les partis d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen sont ceux dont les visions européennes sont à la fois les plus opposées mais les plus claires aussi. Un match qui rappelle celui de mai 2017 et qui préfigure - peut-être- celui de 2022. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.