Souvenez-vous au printemps dernier, Emmanuel Macron, amateur de théâtre lançait l’acte II du quinquennat. Pour mettre en scène son besoin de rupture après une crise sociale sans précédent, celle des Gilets jaunes. Et surtout pour relancer son mandat, alors qu’une bonne partie de son programme de 2017 a déjà été exécuté

Depuis, cet acte II résiste à toutes les tentatives de définition. En juin dernier, lors de son discours de politique générale, le Premier ministre évoquait un changement de méthode. Il annonçait même une accélération sur des sujets comme la transition écologique, la réforme de l’Etat et la justice sociale. 

Au fil du temps, l’acte II s’est recentré sur un triptyque électoraliste. Toujours l’écologie après la poussée des Verts aux Européennes, le régalien pour barrer la route à la droite et le dialogue social, pour tenter de conserver les électeurs du chef de l’Etat au premier tour de la présidentielle. Des électeurs sensibles au sort dévolu à un syndicat réformiste comme la CFDT.

Ce jeudi s’ouvre la conférence de financement de la réforme des retraites

On pourrait y voir du mieux dans la relation entre l’exécutif et les syndicats réformistes. Sauf que l’étude d’impact de la réforme a révélé que, contrairement aux engagements pris par le gouvernement, la part des dépenses des retraites dans le PIB allait s’amoindrir, au grand dam de la CFTC notamment. 

Sur le plan régalien, Emmanuel Macron veut désormais s’attaquer à la question du communautarisme. 

Sauf qu’à lire ses récentes confidences au Figaro, on comprend à quel point la question est encore floue dans son esprit. Pour résumer, le chef de l’Etat veut en parler « sans diviser » tout en acceptant de « parfois bousculer » !

Il souhaitait aussi capitaliser sur l’ordre, mais la problématique tourne davantage autour de l’autoritarisme à tel point qu’il s’est senti obligé de préciser lui-même que nous n’étions pas en dictature ! 

Il ne lui reste donc que l’écologie…

Là encore, le changement de méthode pour trouver un « nouveau modèle économique sans salir », je cite Edouard Philippe, se fait attendre. 

Des projets comme le complexe Europa city dans le Val-d’Oise ont été abandonnés. Mais le doute plane encore sur l’avenir des travaux de la Convention citoyenne pour le climat. 

Dans la majorité, on soupçonne à présent cette assemblée tirée au sort d’être « noyautée » par des militants radicaux. Et ces derniers de vouloir proposer début avril à Emmanuel Macron des solutions volontairement inacceptables. 

Comme si le président cheminait au cœur de sables de plus en plus mouvants alors que le mirage de l’acte II ne cesse de s’éloigner. 

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