L'onde de choc du Brexit n'épargne pas la vie politique francaise. A gauche, la situation pourrait profiter aux plus souverainistes...

Par Marcelo Wesfreid

En 2012, on avait parlé de tout, sauf de ça : l'Europe. Souvenez-vous. Sarkozy, Hollande, ils avaient esquivé. "Comptez sur moi, avait dit Hollande, si je suis élu, je vais renégocier le pacte budgétaire européen." On connaît la suite. Pas grand chose. Une simple annexe, rajoutée vite fait bien fait. Et basta, pas de renégociation.

En 2017, Une chose est sure. Ce sera l'inverse. L'Europe va être au cœur de la campagne. Ça peut faire les affaires du FN. Ça peut faire les affaires, à gauche, de ceux qui sont les plus critiques. A commencer par Jean-Luc Mélenchon.

Lui, il veut carrément « la sortie des traités européens ». « L'Europe, on la change ou on la quitte ». Ça c'est du slogan! Samedi, il a été reçu à l'Elysée par Hollande, comme tous les leaders politiques. D'après ce qu'on m'a rapporté, Mélenchon est sorti exaspéré, il a trouvé Hollande taquin, badin. Monsieur petites blagues. Bref, pas du tout à la hauteur de l'événement.

Jean Luc Mélenchon n'est pas le seul, à gauche, à vouloir réduire l’influence de Bruxelles. Il est rejoint par Arnaud Montebourg. Lui aussi met le paquet. On dirait du Mélenchon. On dirait aussi dans la tonalité, du Chevènement. Avec le mot « souveraineté » qui revient dans sa bouche, comme une obsession....

La semaine dernière, j'ai suivi Montebourg à Tours. On le voit bien, il est en train de roder une campagne clairement anti-Bruxelles. Un moment, il a dit à un patron, dans une boite de BTP : « l'an prochain, il faudra discuter de la fin des traités, et tant pis si ça casse un peu de vaisselle ». La fin des traités...

Ensuite, Montebourg est allé faire un meeting. Son premier depuis deux ans. Là, il s'en est donné à coeur joie. « L'Union européenne est comme une boite en faillite, a dit Montebourg, une boite qu'il faut restructurer. »

Et ces thématiques ont peut-être des chances d’aboutir. Qu'est ce qu'on a vu dans le Brexit? Les électeurs travaillistes n'ont pas suivi les consignes de leur parti. Ils ont voté pour sortir de l'Europe. Ici, c'est pareil. Les chefs à plume, au PS comme chez les Républicains, sont europhiles... Mais c'est pas tout à fait le cas de la base.

Il y a une étude Ifop qui montre que si on revotait aujourd'hui sur le traité européen, vous vous souvenez, en 2005, eh bien le Non l'emporterait... encore plus largement. Bref, Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon, peut-être Montebourg, ont un boulevard...

Bref, il n'y a rien de pire que les sujets mis sous le tapis du débat public. Ils vous reviennent toujours en pleine figure.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.