Il y a demain un Conseil de l’Europe crucial pour essayer de sortir de la crise des migrants. Pour Emmanuel Macron, c’est sans doute la plus dure des épreuves qu’il a eu à gérer.

Par Marcelo Wesfreid.

A chaque bateau, ça va être maintenant le même psychodrame en Europe. Quel pays accueille les migrants ? Toi, moi, le voisin ? Qui est le plus proche géographiquement ? On n’a jamais autant parlé de droit maritime. Regardons maintenant comment Emmanuel Macron a successivement réagit. Il a d'abord montré les muscles sur l'Aquarius. Il a traité les Italiens de cyniques. Macron a ensuite baissé le ton quand le chef du gouvernement italien est venu à Paris, c'était la fête des voisins. Ma, tu t'appelles comment, on se tutoie ? Puis, le président français est allé voir les Espagnols. Il a alors proposé la création de "Centres fermés" dans les pays d’Europe où débarquent les migrants. Centre fermé : il faut bien comprendre ce que veut dire, c’est un euphémisme pour dire des centres de rétention. 

Et hier, qu’a dit Macron ?

Il a annoncé depuis le Vatican que la France va recevoir quelques dizaines de migrants du Lifeline, ce bateau qui errait près de Malte. Mais au passage, il a tapé comme un sourd sur les ONG. Si vous permettez le jeu de mots : sur les migrants, Emmanuel Macron navigue à vue. On touche là aux limites du "en même temps". C'est difficile d'être ferme sur les migrants, ce que demande une partie de l'opinion. Et en même temps, accueillant, solidaire. Pendant la présidentielle, Macron avait encensé Merkel quand elle ouvrait les portes de son pays. Depuis qu'il est au pouvoir, il a durci son discours. On l’a bien vu dans la loi Asile et immigration. La question c’est : est-ce que maintenant Macron arrivera à imposer son plan de sortie de crise, au niveau européen ? On verra demain. Ses solutions, c'est d’harmoniser les règles de l'asile en Europe, mettre le paquet sur la police des frontières. C'est relancer l'idée de quotas, pour redistribuer les migrants entre pays européens. 

Mais la France est de plus en plus isolée 

Même Angela Merkel est affaiblie dans sa propre coalition. Quant aux pays de l'Est de l’Europe, ils sont pour des solutions radicales. Dans quatre jours, ce sont les Autrichiens qui prennent la présidence tournante de l’Union européenne. Bref, Macron joue gros, avec des élections européennes l’an prochain. Il reste peu de temps avant l’arrivée des prochains bateaux.

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