C’est le monde à l’envers : jusque-là, les Français critiquaient sans réserve nos voisins italiens. Aujourd’hui, c’est l’Italie qui nous donne des leçons.

matteo renzi obtient la confiance des députés italiens
matteo renzi obtient la confiance des députés italiens © reuters

La roue tourne et en quelques heures, l’arrogance française a pris du plomb dans l’aile. Il n’y a pas si longtemps, nos politiques se moquaient ouvertement des outrances de la politique italienne et de ses personnalités hautes en couleur. Au premier rang desquelles Silvio Berlusconi. Il représentait tous ces vieux démons que la France pensait avoir chassés. Et notamment le dangereux mélange des genres entre monde de l’argent et exercice du pouvoir. Sauf que voilà : l’affaire thermonucléaire qui risque de faire imploser une nouvelle fois l’UMP nous renvoie à des méthodes de voyous que l’on pensait d’un autre temps. Alors que la fin de Silvio Berlusconi, le Cavaliere, a marqué celle d’une époque de l’autre côté des Alpes, la France retombe, elle, dans des méandres sulfureux du financement des partis politiques. Un bien triste retour en arrière.

L’Italie s’éloigne du populisme, quand la France y plonge un peu plus. Souvenez-vous : il n’est pas si loin le temps où toute l’Europe et en particulier la France s’inquiétait des dérives démagogiques italiennes, de la puissance des partis d’extrême-droite et de leur flirt très poussé avec la droite dite républicaine.

Je veux parler de l’ancien néo-fasciste Gianfranco Fini, qui a gouverné avec Forza Italia de Berlusconi, des excès de la petite fille de Mussolini, Alessandra Mussolini, ou de la peu fréquentable Ligue du Nord aux relents xénophobes. Plus récemment, nos politiques se sont émus du succès de l’humoriste populiste Beppe Grillo.

Sauf que voilà, alors que dimanche, les Italiens ont massivement accordé leur confiance à leur Premier ministre, Matteo Renzi, et que le mouvement 5 étoiles de Grillo a perdu de son aura, la France, elle, se retrouvait avec Marine Le Pen loin devant l’UMP et surtout avec des socialistes dans les choux. Une belle leçon d’humilité.

Sans compter que l’Italie semble avoir renoué avec un volontarisme politique, ce qui tranche avec une forme de renoncement français. En Italie, ce sont les 3 "R" qui s’imposent : Renouvellement, Réformes, Rassemblement. Le personnel politique a rajeuni à la vitesse grand V.

Matteo Renzi a à peine 39 ans quand nous nous félicitons d’avoir un jeune Premier ministre de 51 ans ! Nous avons encore du chemin à faire en matière de renouvellement de notre élite.

Hier pays de l’immobilisme, la Botte est aujourd’hui en pleine mutation à un rythme accélérée. La France de Hollande, elle, se réforme sans ardeur et à pas comptés. Une évolution à fronts renversés.

Enfin, quand la gauche française se divise, la gauche italienne se revendique social-démocrate et assume son alliance avec le centre-droit. Là aussi, les Italiens nous montrent la voie de la raison : celle du rassemblement.

L’Italie était la risée de l’Europe quand elle ne faisait pas rire jaune. Nos voisins italiens pourraient aujourd’hui se venger et s’en donner à leur tour à cœur joie quand ils voient notre triste état. Sauf que la France donne plus à trembler qu’à rire. On ose même pas la moquer tant elle inquiète.

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