Le pays n’est pas encore sorti de la crise sanitaire, une crise économique et sociale se profile, les municipales ne sont pas encore jouées… Mais on serait déjà entré dans une nouvelle phase du quinquennat, une sorte de Macron 3 ?

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © AFP / Ludovic MARIN / POOL

Avant même qu’on y voie plus clair aux plans sanitaire, économique et électoral, Emmanuel Macron a déjà posé les jalons d’un agenda de réformes qui devrait le mener, et nous avec, jusqu’en 2022. 

Comme me le confiait un élu macroniste, "la gravité de cette crise mais aussi les désillusions nées du Grand Débat, tout cela fait que le chef de l’Etat appuie sur l’accélérateur". C’est vrai que le Macron 2 n’a pas, et c’est un euphémisme, marqué les esprits. 

Alors, pas question pour le Président de rater sa fin de quinquennat, car les enjeux sont de taille. Et à enjeux de taille, réformes de taille également.

Les réformes comme le Plan Hôpital ?

Le Plan Hôpital, effectivement, qui, au-delà des rémunérations, veut rebattre les cartes de toute l’organisation entre la médecine publique et la médecine libérale. 

Mais il y a aussi et surtout le projet d’une cinquième branche de la Sécurité Sociale, dédiée à la dépendance. Ce n’est ni plus ni moins une extension du fameux modèle social français. Une réforme que le Gouvernement a très mal vendue mais dont l’ambition n’a pas échappé à deux personnalités et non des moindres, Nicole Notat, l’ex-leader de la CFDT, à qui a été confié la mission de coordonner le Ségur de la Santé, et Laurent Berger, l’actuel numéro Un de la centrale cédétiste qui a applaudi, peut-être plus fort que les troupes macronistes elles-mêmes. 

Y aura-t-il une traduction politique à ce Macron 3, c’est-à-dire un remaniement ministériel ?

Il y aura probablement quelques changements de ministres et de portefeuilles. On a vu que Gérald Darmanin avait fait des offres de services pour un ministère plus important. Il espère l’Intérieur mais ne pourra pas prétendre à Matignon. 

Car, sauf s’il rate son élection au Havre, Edouard Philippe semble bel et bien parti pour rester à sa place. C’est lui que le chef de l’Etat a chargé d’organiser l’ossature du Macron 3. Plus populaire qu’Emmanuel Macron, le chef de l’Etat qui ne le craint pas sait pouvoir s’appuyer sur lui. L’un et l’autre semblent donc embarqués pour écrire une dernière page dont ils viennent de commencer à rédiger ensemble les premières lignes. 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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