A propos de la vague bleue du premier tour des municipales, y aura-t-il dimanche prochain une amplification, ou bien une atténuation des votes en faveur de la droite ?

Dans les états-majors du PS et de l’UMP, tout le monde est persuadé que le second tour de dimanche prochain va amplifier les résultats du premier tour des élections municipales. Les experts se basent sur le dernier scrutin municipal de 2008, où la défaite de la droite, inscrite dès le premier tour, avait été amplifiée au second et avait permis à la gauche de remporter plus d’une centaine de villes. La même chose s’était produite en 2001, toujours aux élections municipales, quand la droite avait fait basculer un grand nombre de villes moyennes dans son escarcelle grâce à une forte mobilisation entre les deux tours.

les français sont 79% à vouloir un remaniement ministériel
les français sont 79% à vouloir un remaniement ministériel © reuters

Mais ce n'est pas une règle d’or. Prenez les législatives de 2007. Au premier tour, quelques semaines après l’élection à la présidence de Nicolas Sarkozy, une vague bleue laisse envisager un raz-de-marée UMP à l’Assemblée nationale. Le dimanche suivant, la mobilisation de la gauche lui permet de limiter la casse. La petite centaine de candidats UMP qui se voyaient déjà sur les bancs de l’Assemblée mordent la poussière et sont battus ! Ce réveil de l’électorat de gauche avait également permis aux socialistes de limiter les dégâts aux municipales de 1983 . Et d’ailleurs, malgré la défaite, François Mitterrand avait décidé de conserver Pierre Mauroy à Matignon et de ne procéder qu’à un remaniement technique en faisant monter Jacques Delors et Pierre Bérégovoy aux rangs de n°2 et n°3 du gouvernement. Avant de procéder trois jours plus tard à l’annonce du plan de rigueur.

Jusqu’à dimanche dernier, ce plan de rigueur, c’était effectivement ce qu’il souhaitait faire. Garder Ayrault, remanier le gouvernement et annoncer les mesures de 50 milliards d’économies sur la dépense publique en trois ans ! Un schéma identique à celui de 1983.

Un schéma périlleux aujourd’hui , même si la vague bleue se brise dimanche prochain sur une plus forte mobilisation de l’électorat de gauche.

D’une part, parce que les parlementaires ont fait leurs calculs à l’issue du premier tour. Si ça continue comme ça, le Sénat bascule en septembre, les régionales et départementales seront perdues en 2015 et leur circonscriptions sont menacées. Autant vous dire qu’Ayrault aura beaucoup de mal à revenir devant les parlementaires et à les convaincre de voter ses projets !

D’autre part, même si la droite n’a pas de totem à brandir dimanche prochain, la faible popularité du Président le contraint à faire une annonce forte et la seule dans ce domaine, c’est bien le changement de premier ministre .

Mais surtout, vous savez le pire ? C’est qu’au sein même du gouvernement, parmi ses ministres, certains en viennent à espérer une déroute électorale dimanche pour obliger Hollande à prendre la bonne décision et tout changer ! Mais il y a pire : Hollande en est conscient…

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