Manuel Valls reprend peu à peu de la voix. Il donne son avis sur les réformes économiques et sociales, sur l’immigration, mais est-il entendu ?

Par Jannick Alimi.

En tout cas Emmanuel Macron semble l’écouter.  Même si le chef de l’Etat ne s’en vante pas tant est grande la défiance voire pire qui est née entre les deux hommes du temps où  l’un était Premier ministre de François Hollande et l’autre son ministre de l’Economie. Pourtant depuis quelques semaines la donne semble changer.  La très macroniste Yaël Braun-Pivet, la présidente de la commission des lois à l’Assemblée nationale, ne vient elle pas de déclarer que sur les bancs de l’hémicycle elle était entourée de « deux grands hommes Edouard Philippe et Manuel Valls. »

Les idées vallsistes infusent dans la politique gouvernementale 

Prenez le déverrouillage des 35 heures avec la baisse des cotisations sociales sur les heures sup annoncée par le gouvernement ? Manuel Valls, alors candidat à la primaire socialiste l’avait déjà proposée (en fait il s’agissait d’une défiscalisation) ! Le dédoublement des classes préparatoires dans les zones sensibles ? Du Valls. Pareil quant à la sélection à l’entrée des universités, le service universel ou le raidissement de la politique migratoire.

Macron, que l’on disait déjà proche des idées d’Alain Juppé, serait-il finalement un Valls qui a réussi?

Un Valls qui a réussi, oui. Un Valls pur sucre, pas tout à fait. Car sur la laïcité, les deux hommes campent sur des positions différentes. Valls l’a répété encore après les drames de Carcassonne et de Trebes, il est pour l’interdiction du salafisme et pour la rétention administrative des fichés S les plus dangereux.  

Macron qui a choisi de ne pas s’exprimer officiellement sur le sujet, défendrait plutôt une laïcité ouverte et il s’est même élevé contre la « laïcité radicale » incarnée sans qu’il le nomme par… Manuel Valls. Comme l’Europe, la laïcité devient peu à peu une ligne de clivage au sein des socio-démocrates.  A moins que comme Valls après les attentats de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher et du Bataclan,  les drames de Carcassonne et de Trèbes ne transforment, à leur tour, la vision du monde de Macron.

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