Entre les écolos et le PS,dans ce couplec’est de pire en pire.

François Hollande a changé la forme mais pas le fond, estime Cécile Duflot
François Hollande a changé la forme mais pas le fond, estime Cécile Duflot © Reuters

Je vais vous dire ce que murmurent en ce moment en coulisses les proches de Manuel Valls et de François Hollande. À les croire, la réconciliation avec les Verts n’est pas seulement possible, elle est imminente. Il suffirait de trouver quelques points d’accords sur le fond et hop, top-là, plus de problème. En réalité ce discours est un mélange d’enfumage et de méthode Coué, parce que la séparation définitive est en cours.

On savait qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre EELV et le PS.

Il faut voir la relation exécrable qu’entretiennent Manuel Valls et Cécile Duflot. Souvenez-vous de leur désaccord public sur la question des Roms, lorsque le Premier était ministre de l’Intérieur et la deuxième, ministre du Logement. Quand Valls a été nommé Premier ministre, Cécile Duflot a quitté le gouvernement parce qu’elle ne voulait pas travailler avec lui. A la rentrée, l’écolo a publié un livre, « De l’Intérieur », dans lequel elle critiquait le gouvernement, auquel elle a elle-même participé. Autant vous dire que cela a été très peu apprécié. Un secrétaire d’Etat me disait hier encore à ce propos : « se refaire une conscience sur le dos de ceux qui sont encore ministres, ce n’est pas comme ça qu’on gagne ses galons de responsables d’Etat. » Mais surtout, ce qui accéléré la rupture, c’est l’affaire Sivens, et la mort du jeune Rémi Fraisse lors d’affrontement entre manifestants et force de l’ordre. Duflot s’en est pris au gouvernement, l’accusant de ne pas éclaircir les circonstances de ce drame… qui sont floues, c’est vrai. Valls n’est pas prêt de pardonner cela.

Bref, entre eux, c’est clairement irréconciliable et ce conflit de personne pourrait être lourd de conséquences…

Je vais peut-être vous étonner, mais au PS, certains commencent à se demander comme gagner en 2017. Avec un certain bon sens, nos dirigeants se disent que la gauche ne peut l’emporter que si elle est rassemblée, sinon c’est fichu. Avec Manuel Valls à Matignon, ça semble donc impossible. Un leader écolo me disait récemment : « s’il y en a bien un qui n’en a rien à faire de l’écologie, c’est lui. » Valls s’en fiche et fait même de la provoc quand il réaffirme qu’il a l’intention de construire l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, auquel les écolos sont opposés. Bilan et suprême ironie quand on connaît l’intérêt du Président pour les questions écolos : c’est François Hollande qui tente de réparer les pots cassés en se transformant en « monsieur vert ». Ce matin, il va prononcer un discours lors de la conférence environnementale après des tables rondes sur la biodiversité, l’environnement et la santé, entre autres. Il rentre d’une semaine en Océanie où il a joué les ambassadeurs pour le climat. Début octobre, il s’invitait à un déjeuner avec les parlementaires écolos… Mais personne n’est vraiment dupe.

Les Vertsvontdésormaisjouerperso

Pour les élections locales, je pense aux cantonales et aux régionales, il y aura des accords entre les Verts et le PS. Comme il y en aura avec les communistes avec lesquels ça ne va pas fort non plus…

Parce qu’on peut être courageux sans être téméraire et ils sont peu nombreux à avoir envie de perdre leur poste. Pour la présidentielle, c’est autre chose.

Cécile Duflot dit qu’elle a les épaules. Si François Hollande ne change pas de Premier ministre, c’est à peu près sûr qu’elle ira au bout, sauf à pactiser avec Valls, ce qui serait difficile à justifier. Quelqu’un comme Claude Bartolone rêve de profiter de la situation. Le président de l’Assemblée nationale est beaucoup plus rassembleur que Valls, et il se verrait bien s’installer à Matignon pour la dernière ligne droite, histoire de réconcilier tout ce petit monde.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.