Au début du quinquennat, on nous expliquait que le couple Macron-Philippe incarnait à merveille la logique des institutions de la Ve République. Un président qui fixe le cap, et un premier ministre qui applique la politique. En clair un chef de l'État et un chef de gouvernement.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe posant en amont d'une réunion présentant un plan énergétique décennal pour la transition écologique à l'Elysée à Paris le 27 novembre 2018
Emmanuel Macron et Edouard Philippe posant en amont d'une réunion présentant un plan énergétique décennal pour la transition écologique à l'Elysée à Paris le 27 novembre 2018 © Maxppp / Blondet Eliot

Mais ça c’était avant : il y a eu depuis les premières complications.

Il y a eu la fameuse réforme des 80 km/h qui a chauffé les automobilistes, puis la hausse du prix des carburants qui a amené la crise des Gilets Jaunes que l’on connaît actuellement. Et sur ces deux dossiers, le problème c’est qu’on a eu, à chaque fois, l’impression que l’Elysée et Matignon n’étaient pas vraiment sur la même longueur d’ondes.

Impression ou certitude ?

Quand on pose la question aux voix officielles en haut lieu, on nous explique que pas du tout, que c’est un fantasme et certains osent même la métaphore : « Circulez, y’a rien à voir ». En revanche, c’est hors micro que les langues se délient. Des députés, des conseillers et même des ministres admettent qu’il y a un sujet autour d’Edouard Philippe.

Le dernier événement qui a attiré l’attention des macronistes c’est l’attitude du Premier ministre au 20h de France 2 il y a dix jours où il a non seulement claqué la porte au nez des syndicats qui lui demandaient une grande consultation, mais où il a également assuré qu’il n’y aurait aucun nouveau geste envers les Français. Or Emmanuel Macron doit justement prendre la parole ce matin pour faire des annonces et  rendre – je cite – « la transition écologique supportable ». Bref, on n’y comprend plus rien.

Quelle explication à cette situation embrouillée entre le Président et le Premier ministre ?

A en croire certains, Edouard Philippe refuserait tout simplement d‘être la victime collatérale des hésitations d’Emmanuel Macron. Car si le Président peut, lui, prendre le temps de réfléchir, de consulter et même de changer d’avis, il faut quelqu’un pour monter au front quand la maison brûle. Et ce quelqu’un est tout désigné : c’est normalement le Premier ministre.

Mais il y a aussi une autre petite musique qui commence à circuler dans certaines conversations : c’est la crainte qu’Edouard Philippe ait désormais un autre agenda, celui des municipales à Paris où il pourrait avoir de bonnes chances de l’emporter.

Si le quinquennat tourne mal, ce ne serait pas la pire des portes de sortie pour lui.

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