Le virage droitier de Nicolas Sarkozy la semaine dernière sur le thème de l'immigration n’est pas passé inaperçu, d’où cette cette question : vouloir siphonner les voix du FN, est-ce que cela peut marcher ?

On croyait que le très droitier Patrick Buisson était mort, eh bien non, surprise, il bouge encore ! Nicolas Sarkozy, vous le savez, ne veut plus voir son ancien gourou, c'est terminé, et pourtant il l'a ressuscité. Ca s'est passé mardi dernier à Nice devant les militants UMP chauffés à blanc de la Côte d'Azur, où le Front national fait un carton. Dans son meeting, l'ancien président a ressorti le Kärcher et le « gros rouge qui tache » -l'expression est de lui- sur la question de l'islam et de l'immigration, qui serait « de plus en plus incontrôlée » et qui « menacerait » même selon lui la République et notre mode de vie. On l'écoute :

On croyait que l'ancien président était revenu sur une ligne de rassemblement, au-dessus des clivages partisans, qu'il voulait tendre la main aux centristes. On avait visiblement mal compris...

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy © / http://bit.ly/XXcgV9

La campagne de Sarkozy pour l'UMP, en fait, c'est un petit peu comme le Canada Dry : ça ressemble à du Sarkozy, ça a le goût du Sarkozy, mais c'est du Patrick Buisson ! Mardi dernier, donc, retour aux heures les plus sombres de sa campagne de 2012, quand il dénonçait la viande halal ou jugeait le FN « compatible avec la République ».

Le résultat, on le connaît : au premier tour, Marine Le Pen fait 2,5 millions de voix de plus que son père en 2007. Alors, est-ce que l'ancien président a fait flamber le FN avec sa campagne ultra-droitière ou est-ce qu'il a évité qu'il fasse un plus gros score en siphonnant ses voix ? On ne saura jamais, c'est un peu comme l'histoire de la poule et de l’œuf, mais on peut raisonnablement se poser la question.

Au moment de son retour, il a expliqué qu'il voulait être un rempart contre l'extrême droite.

Mais on peut se demander si, en reprenant une fois encore les mots du Front national sur l'immigration, il ne risque pas au contraire de valider ses thèses et si les électeurs ne vont pas préférer l'original à la copie en 2017. Je vous propose d'écouter un des gimmicks préférés de Nicolas Sarkozy. Il le répète à chacun de ses meetings pour attaquer Marine Le Pen. Il la déteste, et l'accuse de l'avoir fait battre :

Pour finir, je voulais poser une question :si Marine Le Pen a fait la courte-échelle à François Hollande en 2012, qui donc a fait la courte-échelle à Marine Le Pen pour qu'elle atteigne 18% des voix au premier tour ? Bref, quand on joue à ce petit jeu, mieux vaut s'assurer avant d'être tout en haut de l'échelle, et pas tout en bas...

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