Jean-Christophe Cambadélis, l'ex-Premier secrétaire du PS sort aujourd’hui un livre au vitriol contre ses anciens petits camarades. Ça s’appelle "Chronique d’une débâcle".

Jean-Christophe Cambadélis au conseil national du PS en 2009
Jean-Christophe Cambadélis au conseil national du PS en 2009 © Getty / Jean-Luc LUYSSEN

Par Marcelo Wesfreid

Jean-Christophe Cambadélis nous décrit François Hollande, le président qu’il était censé servir, comme un homme sans caractère, qui ne sait jamais dire non.

Il nous décrit aussi Montebourg comme un personnage qui ne sait pas discuter, penser, réfléchir, mais seulement plaider… Faire des formules.

Quant à Benoît Hamon, il n’est pas à la hauteur. Il n’avait aucune chance. On a aussi Manuel Valls, qui s’est pris je cite Cambadélis pour le « génie des carpettes ». Il s’est humilié pour qu’En marche ne lui mette aucun candidat face à lui.

Il y a bien sûr, Macron. Un ambitieux, qui veut tout défoncer au « pic à glace ». C’est la formule Macron, selon les souvenirs de Cambadélis

Pourquoi tant de haine ?

Le calendrier peut nous donner une explication. Le livre sort trois jours avant un conseil national, ce samedi, qui va statuer sur la succession de Cambadélis. « Camba », comme on l’appelle, il a déjà démissionné de ses fonctions après les législatives. Mais il avait gardé son bureau de patron du PS. Il était d’ailleurs toujours une sorte de premier secrétaire fantôme, tirant les ficelles, malgré la direction collégiale.

Cette fois, c’est la fin, même si certains pensent qu’il veut imposer le tout nouveau sénateur Rachid Témal, l’un de ses affidés. Mais, après ce livre, Cambadélis s’est fait trop d’ennemis pour avoir des alliés.

Une sorte de suicide politique

Rappelons le passé de Cambadélis. Ancien leader trotskiste passé au PS, ancien bras droit de DSK devenu ensuite un soutien très actif de Hollande. Il a passé plus des décennies à faire des coups de billard à 3 bandes, à alimenter la presse avec ses analyses sophistiquées.

Là, il brûle ses vaisseaux. Pour faire un coup, passer à la télé. Pour essayer, plus sérieusement, de réhabiliter sa mémoire. En montrant que ce n’est pas de sa faute, qu’il était entouré de mauvais. Mais quand on refait le film. Il ne peut pas s’exonérer du bilan. Cambadélis a menacé pendant des mois les socialistes qui frayaient chez Macron de les virer du PS. Sans jamais bouger…

Au final, on a là un récit de plus (je dis de plus parce que tous les acteurs de cette période sont en train de préparer des livres, y compris Hollande). Une analyse du fiasco. Un fiasco, dont l’auscultation n’intéressera guère que les intéressés.

Chroniques d'une débâcle de Jean-Christophe Cambadélis est paru à l'Archipel

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