Il y a un grand absent dans le gouvernement Valls 2.

Le critère essentiel pour faire partie de ce gouvernement c’était : être en phase avec la politique économique menée depuis un moment. Et désormais totalement assumée, on l’a vu avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à Bercy. Pas franchement un gauchiste.

Il y en a un qui est d'accord sur toute la ligne, qui dit même depuis des années que la réduction des déficits doit être la priorité, parce que la dette est une bombe à retardement. Cet homme c’est… François Bayrou. Alors, au nom, disons de l’intérêt général, celui qui passe son temps à dire qu'il faut dépasser les partis aurait pu apporter son soutien à François Hollande et Manuel Valls. Mais non. Voilà ce qu'il disait :

Un coup de foudre, voilà en gros tout est fichu. C'était en mai dernier, mais il l'a depuis répété maintes et maintes fois.

françois bayrou prône un référendum sur une réforme des institutions
françois bayrou prône un référendum sur une réforme des institutions © reuters

Il faut se souvenir quand même que Bayrou avait appelé à voter pour François Hollande en 2012, que le modem dirige même des villes avec le PS. Mais non, aujourd’hui quoi que le président dise ou fasse, Bayrou n'y croit plus . D'ailleurs, il soutient quelque d’autre maintenant.

Cet autre, c’est Alain Juppé, nouveau candidat à la présidentielle. Figurez-vous que ce n’est pas idiot, parce que le maire UMP de Bordeaux est actuellement la personnalité politique préférée des Français. En plus, son programme sera aussi… la priorité à la réduction de déficits. C'est vrai que si de gauche à droite tout le monde est d'accord, pourquoi se priver d'aller chez le plus populaire ?

Mais au centre, François Bayrou n'est pas tout seul. D'ailleurs c’est du côté de l’UDI que Manuel Valls a cherché à puiser des forces. Le jour du remaniement, Jean-Louis Borloo a joué les intermédiaires. C’est lui qui a téléphoné personnellement aux leaders de son ancienne formation, l’UDI, pour les pousser à discuter avec le Premier ministre.

Bilan : ça n’a pas marché du tout. Hervé Morin, Jean-Christophe Lagarde et Yves Jego n’ont pas cédé aux sirènes gouvernementales. Ils ont vite fait leurs petits calculs : d’abord, ils pensent comme Bayrou qu'Hollande va dissoudre.

L’un d’eux m’a dit hier : « Pour la première fois je pense qu’il y aura des législatives dans moins d’un an » Ensuite ils sont en pleine bataille pour la succession de Jean-Louis Borloo à la tête de l'UDI, et ça c'est quand même très très important. Enfin, plein d'honnêteté, l’un des sollicités m'a dit hier : "Franchement quand vous êtes invité à monter dans le radeau de la méduse, vous n'avez pas très envie d'accepter." Même, donc, si c’est le seul moyen de se confronter aux éléments et de vaincre la tempête.

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