A gauche, tout le monde est beau tout le monde est gentil. C’est la tonalité des universités d’été qui se sont tenues ce week end.

Drapeau rouge du Parti Communiste Francais (PCF) lors de l Universite d ete. Aix en Provence, France, le 24 aout 2019.
Drapeau rouge du Parti Communiste Francais (PCF) lors de l Universite d ete. Aix en Provence, France, le 24 aout 2019. © AFP / Mathieu Menard / Hans Lucas

Mais la réalité serait plus cruelle ?

Comme dans un beau mouvement d’unité retrouvée, La France Insoumise, les socialistes, les verts et les communistes ont tenu, chacun de son côté, leurs universités d’été. Leur but : réfléchir à la ligne politique après les Européennes et après la crise des Gilets jaunes dont, aucun n’a profité ou si peu… Et aussi avant les municipales, de définir une stratégie gagnante face à une droite embourbée et une macronie en manque d’ancrage local… Alors, on a pu voir le socialiste Olivier Faure, à la Rochelle, appeler de nouveau au rassemblement même sans leadership PS ou l’écolo Yannick Jadot, à Toulouse, donner une poignée de main amicale à l’insoumis François Ruffin… 

Pourquoi ne pas les croire, ils y ont tous intérêt non ?

C’est vrai que face à la macronie et au lepénisme mieux vaut être 4 que 1+1+1+1… Les municipales de mars prochain s’y prêtent d’autant mieux que de nombreuses villes sont déjà gouvernées par une  gauche unie. En outre, et c’est une chance pour les partis en place, à gauche comme à droite, la République En Marche, inexistante lors du précédent scrutin de 2014 ne compte quasiment pas de maire… Après deux ans de gouvernement Philippe, les candidats de l’opposition, surtout ceux de gauche ou du Rassemblement national, peuvent capitaliser sur les déçus de la macronie dont ils soulignent la dérive droitière. Et pourtant, la donne n’est pas aussi simple…

Comme souvent en politique, au-delà des convictions et des intérêts bien compris, il y a surtout les rapports de force. Le PS qui à gauche compte le plus de maires ne veut surtout pas s’effacer ni au premier ni au deuxième tour, et surtout pas derrière les Verts. Pourquoi Olivier Faure répète-il inlassablement que Paris, Nantes ou Rennes, toutes trois socialistes émargent depuis des années au palmarès mondial des villes les plus écolos ? Les Verts, eux, sûrs de leur nouvelle dynamique, sont également partis en guerre…Y compris contre la maire PS de la capitale. « On revendique de gouverner Paris », martèle leur numéro un. Pour eux, l’ardente obligation c’est d’arriver le plus souvent possible au premier tour avant le PS. Au risque sinon de devoir en rabattre pour la présidentielle de 2022… « Personne ne veut porter le drapeau de la division, me confie un cacique du PS. Mais les Européennes ont accentué les incertitudes au sein de la gauche et chacun espère tirer profit des fragilités de l’autre.» En clair ce n’est pas l’union qui fait la force mais la force qui fait l’union. 

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