Après l'annonce des chiffres du chômage par Pôle Emploi, hier : la situation empire, mais le gouvernement est lui, positif. C’est tout l’art de la « communication politique ».

Le chômage bat un nouveau record fin mars
Le chômage bat un nouveau record fin mars © MaxPPP / Sébastien Jarry

Et c'est - hélas - un grand classique. Les chiffres tombent, sont mauvais. Mais le gouvernement communique en disant : il y a du bon dans ces chiffres. Et même : on tient le bon bout. En la matière, notre ministre du Travail, François Rebsamen est d'ailleurs un champion.

Prenez son communiqué d'hier soir. Pôle Emploi vient d'annoncer que le chômage en mars a augmenté de... 15.400 personnes. Sur un an, la hausse est de... 4,9%. Pire, on a franchi la barre, historique, des 3,5 millions chômeurs. Rebsamen, lui, se félicite d'enregistrer, en ce début d'année, « une phase d'amélioration de la tendance » . C'est écrit en toutes lettres et c'et surligné dans le texte du communiqué.

En fait, qu'est-ce qu'il a fait? Il a pris les chiffres du chômage des trois derniers mois. On a eu un bon mois de janvier, puis, un mauvais février et un mauvais mars. Il en a sorti une moyenne. Ca fait 3.000 demandeurs d'emploi, de plus, par mois. Et il a comparé ce chiffre à celui de l'an dernier.

Résultat, selon Rebsamen: « le rythme de progression est près de 4 fois moins élevé que celui observé en 2014 ». Autrement dit : cela augmente, mais moins vite.

Ce n'est pas faux, mais c'est un peu tiré par les cheveux. Car la principale information est qu'on est loin de la fameuse inversion de la courbe du chômage. Ce qui n'empêche pas Rebsamen de se féliciter : « les mesures adoptées commencent à porter leurs fruits ».

Alors, pourquoi ce ton et pourquoi présenter les chiffres de façon aussi positives?

Il y a une raison économique, d'abord. L'économie va mieux, il y a des signes positifs. Alors, il ne faut pas décourager les chefs d'entreprise. On voit bien le problème de fond: on a une croissance sans emploi.

Et puis, il y a une raison politique. François Hollande a fait une promesse. Il se représentera si, et seulement si, le chômage baisse.

Soyons juste, cela dit. Ce gouvernement n'est pas le premier, loin de là, à tordre les chiffres. Sarkozy, en 2012, avait eu à commenter une hausse du chômage et il avait sorti cette phrase géniale : il avait salué « la baisse tendancielle de l'augmentation du nombre » de chômeurs. Vous suivez? Cela avait bien faire rire un certain François Hollande, alors candidat :

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