Il y aura un vote des députés, cet après-midi, sur le plan de « déconfinement ». Et ce, malgré les demandes de l’opposition, qui réclamait une journée de plus pour étudier les annonces.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe le 19 mars 2020 à l'Elysée
Emmanuel Macron et Edouard Philippe le 19 mars 2020 à l'Elysée © AFP / LUDOVIC MARIN

Le gouvernement a refusé de reporter le vote. On est en crise sanitaire. Il y a urgence. Voilà la position du premier ministre. Qui n’est pas tout à faire celle d’Emmanuel Macron. Le président, lui, il aurait bien accordé quelques heures de répit ; au nom de l’union nationale. Mais il a cédé. 

Ce genre de désaccords entre le président et le premier ministre, il y en a sans doute eu des dizaines. Après tout, c’est normal d’avoir des avis différents. Surtout que l’un arrive de la gauche, l’autre de la droite. 

Seulement voilà : Macron et Philippe avaient réussi un exploit, que personne n’avait su réaliser avant eux. Rien ne filtrait jamais à l’extérieur. 

Depuis quand ce n’est plus le cas ?

La crise sanitaire a mis à mal ce pacte de silence. Il faut dire que c’est une telle épreuve pour le pouvoir...  Le résultat, c’est qu’on sait maintenant que le chef de l’Etat et le premier ministre n’étaient pas d’accord sur le maintien des municipales – Macron voulait reporter le premier tour. 

On sait maintenant que le premier ministre plaidait pour un prolongement du confinement, au-delà du 11 mai, notamment pour les écoles. 

On sait aussi qu’Edouard Philippe n’est pas fan du vocabulaire guerrier du chef de l’Etat. Et puisqu’on parle de communication, vous aurez remarquez que les deux têtes de l’exécutif n’arrêtent pas, ces temps-ci, de se marcher sur les pieds dans leurs prises de parole…

Que révèlent ces tensions ?

Edouard Philippe sent la fin qui s’approche. Même s’il est bon dans la gestion de la crise, il sait que le président va vouloir renverser la table et aller chercher du sang neuf. Il le sait parce qu’Emmanuel Macron a lancé l’idée d’un gouvernement d’union nationale

Et puis, quelque chose est en train de disloquer leur destin commun : c’est la menace pénale. Des dizaines de plaintes ont été déposées contre le gouvernement pour mise en danger d’autrui. Les ministres risquent de se retrouver devant la Cour de justice de la République.  C’est une épée de damoclès au-dessus de la tête d’Edouard Philippe.  Emmanuel Macron lui, comme président, il ne peut pas être poursuivi.  

Bref, on va peut-être assister cet après-midi à la dernière allocution d’Edouard Philippe comme premier ministre. Tout cela confirme une règle : les idylles en politique, ca finit toujours mal. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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