À chaque élection présidentielle ses grands et petits rituels : déclarations de candidature, grand meeting d’investiture, émission télévisée devant les Français.

Par François-Xavier Bourmaud.

Cette année, il y en a un dont on entendra plus parler. C’est un grand classique des campagnes présidentielles qui disparaît cette année sans que l’on puisse dire si ça va provoquer de la nostalgie ou du soulagement. Ça arrivait généralement vers la mi-mars devant l’entrée du Conseil constitutionnel. Le défilé des petits candidats venus déposer leurs 500 parrainages pour l’élection présidentielle dans des boîtes en carton. C’était l’occasion de crier victoire, de monopoliser un peu l’attention médiatique et d’attirer la lumière sur soi. Ça sonnait aussi la fin d’un mois de polémique sur le complot des grands partis pour les empêcher de les obtenir, un mois de victimisation dont le Front National s’était fait une spécialité.

Et tout ça c’est fini en 2017, parce que les règles ont changé. Maintenant, c’est sur un site internet du Conseil constitutionnel que les maires vont déposer leur parrainage. Il ouvre le premier février prochain et on pourra suivre en temps réel la progression des signatures recueillies par chaque candidat, un peu comme dans un jeu télévisé. Conséquence : les candidats ne pourront plus entretenir de suspens plus ou moins artificiel sur le nombre de signatures récoltées.

Et puis il y a un deuxième changement : les parrainages ne sont plus anonymes. Ce qui veut dire que contrairement à ce qui se faisait avant, un maire de droite ne pourra plus soutenir en douce un candidat de gauche comme Jean-Luc Mélenchon pour affaiblir le PS. Et inversement, un maire de gauche ne pourra plus cacher son soutien au Front National pour diviser la droite. C’est la remise à plat des stratégies de soutien sans que l’on sache vraiment sur quoi ça peut déboucher. Il y a par exemple chez Les Républicains des élus qui se demandent s’ils ne vont pas soutenir François Bayrou, s’il se présente, pour affaiblir Emmanuel Macron.

Pour les partis en place comme Les Républicains ou le Parti socialiste, pas de soucis. Leur réseau d’élus locaux leur garanti les 500 signatures sans problème. Au Front National non plus ça ne devrait pas poser de problème. Avec ses récentes victoires électorales aux Régionales et aux municipales, l’extrême droite peut déjà compter sur 450 signatures, il ne lui en reste plus que 50 à aller chercher, il sait où les trouver dans son réseau de maires ruraux.

Pour les autres candidats, le compte n’y est pas encore et ils sont à la fois proches et loin du but. Emmanuel Macron peut déjà compter sur 400 signatures mais contrairement aux apparences, il lui en manque en fait 300. Il y a une nuance importante : une promesse de signature, ce n’est pas une signature ferme. Il y a de la déperdition en route et il faut compter environ trois promesses pour espérer une signature. Il lui reste donc un peu de route. Un peu plus que Jean-Luc Mélenchon qui en est lui à 450 signatures. Mais ce qu’il redoute lui, ce sont des manœuvres du PS pour l’empêcher. Ce sera l’occasion d’une petite polémique, histoire tout de même de perpétuer la tradition.

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