Pas un jour sans un sondage. Ils sont devenus incontournables en politique. Et pourtant, vous nous dites, attention. A prendre avec des pincettes !

Par Marcelo Wesfreid

Hier est sorti dans la presse un sondage sur Marseille et la succession du maire Jean-Claude Gaudin. Le résultat donne le républicain Renaud Muselier en tête. Derrière, surprise, Jean-Luc Mélenchon. Puis Christophe Castaner pour les macronistes. Enfin, le FN puis seulement le PS.

Intéressant, sauf que si vous regardez plus en détail. Il s’agit d’une enquête sur seulement 700 personnes, commandée par l’association politique cap sur l’avenir 13, qui n’est d’autre que le micro-parti de Renaud Muselier !

Résumons : le candidat Muselier a testé ses chances en payant un sondage qui le place en numéro 1. Mieux, ce sondage anticipe un duel face à la France insoumise, affiche idéale pour Muselier s’il veut se poser en rassembleur… C’est presque trop beau pour être vrai. 

Ce genre d’opérations est plus fréquent qu’on ne le croit. Pour quelques milliers d’euros, ce genre de sondages débloque une situation. Cela permet d’écarter des rivaux, de dissuader des candidats potentiels de se lancer. Les partis politiques en font beaucoup. Pour tester par exemple la notoriété d’un candidat qu’on va parachuter. Parfois, les partis font fuiter les résultats. Souvent d’ailleurs sans qu’on puisse toujours vérifier ce qui est avancé. Du coup, attention à l’intox. 

Même le gouvernement use et abuse de cette petite musique. Le gouvernement commande des sondages via ce qu’on appelle le SIG. Le service d’information du gouvernement, qui a un budget pour cela. Ces dernières semaines, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a expliqué aux élus de la majorité que sa réforme de la politique migratoire était applaudie par les français. Chaque jour un peu plus. On est prié de le croire sur parole, car ces sondages sont confidentiels. Cela pose quand même le problème de la fiabilité des instituts de sondage, s’ils sont à ce point instrumentalisés ?

Certains sondeurs jouent un double jeu. Ils vendent du conseil, ils orientent les politiques. Alors, les questions qu’ils vont poser dans leurs enquêtes peuvent être un peu orientées. Mais sur les plateaux de télé, ils se drapent dans la neutralité scientifique.  

Reste que les sondages, malgré ces défauts, sont incontournables. Ils sont fiables pour les dynamiques de campagne par exemple pour la présidentielle. Ils sont en revanche à prendre avec prudence quand les corps électoraux sont difficiles à anticiper. On l’a vu avec les primaires de gauche et droite où ni Benoît Hamon ni François Fillon n’avait été annoncés !

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.