Par Renaud Dély

Hier, Christiane Taubira a claqué la porte du ministère de la Justice. Et c’est sans doute le plus dur qui commence pour elle car ce n’est pas simple la vie d’ex…

Pour Christiane Taubira le tribunal de Cayenne a agi sans fantaisie
Pour Christiane Taubira le tribunal de Cayenne a agi sans fantaisie © maxppp

Surtout quand on est une « ex » de François Hollande. Ce quinquennat est une vraie lessiveuse et depuis 2012, ils sont nombreux à avoir été essorés par leur passage au gouvernement. On peut citer, notamment, Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti, Benoît Hamon, ou encore Delphine Batho ou Cécile Duflot. Aux affaires, tous et toutes traînaient leur misère, contraints d‘avaler reniements et couleuvres comme cette pauvre Christiane Taubira. Tous et toutes pensaient que leur vie serait plus simple une fois dehors. Et tous et toutes ont disparu de la scène depuis qu’ils ne sont plus ministres.

Alors est-ce qu’un portefeuille ministériel vaut de s’asseoir à jamais sur ses convictions ?Bien sûr que non. C’est même glorieux que de démissionner pour rester fidèle à ses idées. Mais le chemin de croix à l’intérieur du gouvernement se transforme en vrai calvaire une fois à l’extérieur. Prenons le cas Duflot par exemple. L’ancienne ministre verte rêve de concourir en 2017, ce n’est pas vraiment un secret. Mais autour d’elle, plus grand monde n’y croit tant elle collectionne les sondages calamiteux. La semaine dernière, un de ses amis écolos s’est même amusé à me chantonner ce que pourrait être l’hymne de campagne électorale de Duflot. « Ma pauvre Cécile, tu fais 1%... ». Dur, non ?

Arnaud Montebourg, lui, il désespère ses derniers soutiens. «Je ne comprends vraiment plus rien à Arnaud, il ne va quand même pas finir sa carrière en Monsieur Meuble… » me répétait récemment un de ses proches qui rêve de le voir prendre, à gauche, la tête de la révolte anti-Hollande.

En même temps, on comprend que pour d’anciens ministres, ce soit difficile de renier tout ce qu’a fait un gouvernement auquel ils ont appartenu. Et c’est ça le drame des Ex. Comment être et avoir été ? Pour mesurer ce drame, je vous conseille de vous livrer à une petite expérience que j’ai moi-même faite. C’était mardi soir, au siège de la fondation Jean Jaurès, à Paris. Je suis allé écouter Jean-Marc Ayrault, l’ancien Premier ministre. Il a fait un long exposé sur l’état du dialogue social en France devant un parterre de quelques happy few . Il en a gros sur la patate Ayrault, c’est un déçu de Hollande, lui aussi. Pendant deux heures, il a dû défendre l’action de son gouvernement, les grandes conférences sociales, le pacte de responsabilité, et tout le reste. Impossible de se renier. Il était toujours ligoté. Et pour oublier ses malheurs d’ex, vous savez ce qu’il fait Jean-Marc Ayrault depuis qu’il n’est plus à Matignon ? Il regarde la série « House of Cards » ! Parce que la politique, c’est encore pire encore à la télé…

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