Cette liste créditée de 13,5% d’intention de vote, selon un sondage Elabe pour BFMTV est en train d’être constituée, mais elle suscite un certain malaise chez une partie de la classe politique...

Malaise d’abord chez les Gilets jaunes, très critiques, certains d’entre eux ont même déversé des tombereaux d’injures et de haine sur Ingrid Levavasseur, la possible tête de liste.  Mais il n’y a là au fond rien de très étonnant. Depuis le début, ces polémiques internes, parfois extrêmement violentes, sont courantes et illustrent au fond la nature très hétéroclite du mouvement. Malaise ensuite chez les politiques et notamment ceux - des Insoumis de Jean-Luc Mélenchon au Rassemblement national de Marine Le Pen en passant par Nicolas Dupont-Aignan – qui ont couru pendant des mois derrière un mouvement en comptant en faire leur miel électoral.

Alors c’est vrai qu’une tête liste leur prendrait des voix à tous. Mais il est quand même curieux de voir ces partis populistes s’enthousiasmer devant une mobilisation populaire puis la soupçonner de turpitudes et de manipulations dès qu’elle se cherche une traduction politique ailleurs que chez eux. 

Une telle liste ferait le jeu de la République En Marche 

Mais à ce stade il faut dépasser les petits calculs électoraux.  D’abord parce que rien ne dit qu’Ingrid Levavasseur et ses amis parviendront à constituer une liste et surtout à rassembler les fonds nécessaires à une campagne électorale. Mais ensuite et c’est l’essentiel, avec un potentiel de plus de 13% des voix, cette liste de Gilets jaunes illustre au moins deux réalités politiques: 

  1. L’incapacité des partis d’opposition à véritablement incarner la ou les colères sincères et profondes, que portent nombre de Gilets jaunes depuis des mois.
  2. La recherche d’une prolongation politique et démocratique au mouvement, en dehors en dehors des formations traditionnelles.

Et plutôt que de pester contre cette liste et de crier au complot macronien, Mélenchon, Le Pen et Dupont-Aignan feraient mieux de chercher à comprendre pourquoi ils n’ont pas su se faire les porte-voix des Gilets jaunes C’est bien la faiblesse des oppositions, leur incapacité à présenter de véritables perspectives, leur manque de crédit qui font aujourd’hui le jeu d’Emmanuel Macron.

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