Par Ava Djamshidi

Ces derniers temps, le chef de l'Etat a mis une véritable la stratégie pour se re-présidentialiser.

Le déplacement est passé un peu inaperçu, juste avant le match des Bleus et les grandes manœuvres diplomatiques autour du Brexit. Il a eu lieu dimanche matin, à Dun-les-Place, dans la Nièvre. Le nom de cette bourgade vous dit peut-être quelque chose, puisque chaque année François Mitterrand est venu rendre hommage à ce petit village martyr de la Seconde guerre mondiale. D'abord comme élu local, puis comme président. Alors dimanche, fidèle à son prédécesseur, François Hollande est venu inaugurer un mémorial à Dun-les-Place.

Jusque là, rien d'anormal. Un président socialiste dans les pas d'un autre président socialiste. Sauf que François Hollande ne se contente pas de réveiller les fameuses forces de l'esprit de Mitterrand.

Lundi dernier, c'est sur les traces de Jacques Chirac que le président s'est lancé. C'était au Quai Branly, le musée parisien créé par l'ancien chef de l'Etat il y a dix ans. Hollande a carrément inauguré une exposition sur le portrait culturel de Chirac et son destin exceptionnel.

Une semaine plus tôt, le président a effectué pas moins de trois déplacements à la gloire de Charles de Gaulle. A Colombey les deux Eglises, dans le fief du général, à Versailles pour célébrer une exposition sur le premier président de la cinquième République... et enfin au Mont-Valérien. Alors on s'en doute, ces visites dans les pas des grandes figures de l'Histoire de France ne sont pas dénuées d'arrière-pensée politique.

En filigrane, Hollande s'en est expliqué, dimanche, à Dun les places. Voilà ce qu'il dit : « Il faut chercher dans l'histoire la force pour aller de l'avant ». C'est vrai, surtout quand on est lanterne rouge dans les enquêtes d'opinion. Le dernier sondage BVA donne le président à 18%. Un nouveau record d'impopularité. Dans ce contexte, ces déplacements ne sont évidemment pas le produit d'une délicate attention du calendrier. Un proche du président nous l'a confié avec malice: « Le hasard rejoint le sens politique ».

Et c'est pour ça que François Hollande invoque les mânes de ces illustres prédécesseurs : ça le sacralise pour pas cher. Et personne n'y trouve rien à redire. Pas même Christian Paul, chef de file des frondeurs qui l'a reçu chez lui, dimanche dans la Nièvre. Et bien là, pas une pique. Rien. Voilà ce qu'il nous a dit de cette visite : « C'était la France qui était là. » Rien que ça.

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